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Poëti, ferme devant Uber : « une concurrence tout à fait déloyale »

Le ministre des Transports, Robert Poëti, se range derrière les chauffeurs de taxi, qui ont manifesté mardi leur insatisfaction face à la présence au Québec du service UberX.

« Il y a un endroit où je les comprends. Ils se sentent menacés par une concurrence tout à fait déloyale », a reconnu le ministre libéral au micro de l'émission de radio quotidienne Gravel le matin, mardi.

M. Poëti a profité de cette tribune pour tenir un discours ferme à l'endroit de cette multinationale du covoiturage. Malgré l'apparence d'ouverture du premier ministre Philippe Couillard, il n'est pas question de légaliser le service UberX dans sa forme actuelle, a-t-il martelé.

« Ça démontre à quel point ils sont alignés pour fonctionner dans l'illégalité », a-t-il relevé à propos de l'initiative d'UberX d'offrir des déplacements gratuits en ce jour de manifestation des chauffeurs de taxi.

« Je ne suis pas contre la compétition ou la modernisation, au contraire. Mais quand Uber propose de verser 10 sous par course au gouvernement, ce n'est pas sérieux », a-t-il lancé.

Dory Saliba, président du Comité de concertation et de développement de l'industrie du taxi, dénonce le double discours du gouvernement.

« Il y a environ 22 000 familles qui vivent de l'industrie du taxi à travers la province. À un moment donné, on va mettre notre pied à terre et on va dire : on veut que vous vous positionniez. Jusqu'à maintenant, il n'y a personne qui a pris une position ferme. »

Manque d'ouverture du côté d'Uber

Le ministre a déploré le manque de collaboration de l'entreprise.

Il dit avoir rencontré son représentant, Jean-Nicolas Guillemette, en décembre, et a qualifié sa proposition de l'époque de « nulle ». « Il est venu à mon bureau avec un document de deux pages. Honnêtement, un chiffon. »

M. Poëti a alors proposé à Uber, un service qui fait appel à des chauffeurs de taxi qui répondent aux normes gouvernementales, de se procurer un permis pour devenir officiellement un intermédiaire de taxi. Une proposition restée lettre morte.

« Et pour UberX [NDLR : le service de covoiturage commercial qui permet à des individus de transporter des clients avec leur voiture personnelle], ils n'ont jamais fait de proposition. »

Pour Uber, pas question de rentrer dans le rang. L'entreprise exige une modification des lois.

« L'objectif est toujours le même depuis le lancement d'UberX, c'est de créer un nouveau cadre réglementaire pour encadrer ce service-là », a maintenu son porte-parole Jean-Nicolas Guillemette.

Des profits qui ne restent pas ici

« Cette compagnie-là, qui se vante de faire des millions, dépose en Hollande les revenus de son travail au Québec, a poursuivi le ministre. C'est comme si un restaurant décide d'ouvrir, ne paie pas les permis, ne s'occupe pas de la qualité de la nourriture, ne s'occupe pas de la réglementation et ne s'occupe pas du salaire des employés. »

N'empêche que les Québécois ont démontré un intérêt certain pour le service proposé par Uber. Ils sont des dizaines de milliers à l'utiliser, selon son porte-parole.

« Ce que les gens aiment, à mon avis, c'est la technologie qui vous permet de ne pas avoir à sortir de l'argent de votre poche et de savoir où est rendu votre taxi sur une application. » Une telle application est déjà en service dans la ville de Québec. À Montréal, tous les taxis offriront le paiement électronique à compter du 15 octobre.

« Ce qu'ils aiment aussi, c'est que le chauffeur soit poli, que le véhicule soit propre, qu'il ait un GPS, qu'il sache où il s'en va, a poursuivi le ministre. C'est une menace pour l'industrie? Non, c'est une opportunité, prenez-la. »

Le ministre a d'ailleurs convoqué tous les acteurs de l'industrie du taxi au début du mois de juillet. Leurs recommandations ont été déposées à la mi-août. Une nouvelle rencontre devrait avoir lieu cet automne après que le ministre aura évalué leurs propositions.

Manifestations dans différentes villes

Un peu partout au Québec, les chauffeurs de taxi manifestent leur colère face à UberX et à la position du gouvernement, qu'ils aimeraient voir être clarifiée.

À Québec, les chauffeurs de taxi se sont garés devant l'Assemblée nationale. Ils se rendront également devant les bureaux du ministre Sam Hamad.

À Montréal, ils se sont réunis dans un stationnement pour ne pas perturber la circulation. Ils sont ensuite allés livrer une lettre avec leurs demandes au bureau du premier ministre.

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