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Politique sur les voitures électriques : un mélange de satisfaction et de scepticisme

Vendeurs et acheteurs se réjouissent du dépôt d'un projet de loi visant à augmenter la présence de véhicules électriques sur les routes du Québec, une première au pays. Mais certains restent tout de même sceptiques.

Un texte de David Savoie

Le gouvernement du Québec se tourne maintenant vers les constructeurs automobiles et veut notamment établir des quotas de vente, qui seront en place d'ici les deux prochaines années, dans le cadre de son projet de loi 104 déposé jeudi par le ministre de l'Environnement, David Heurtel. 

Que ce soit un directeur des ventes chez un concessionnaire automobile ou un représentant de l'Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), plusieurs se réjouissent de ces nouvelles mesures annoncées par le gouvernement de Philippe Couillard.

Pour certains, l'introduction de quotas de vente pourrait permettre d'offrir davantage de véhicules et potentiellement de faire baisser les prix. « Il faut se rappeler qu'une voiture sur deux au Canada est vendue au Québec, explique le porte-parole de l'AVEQ, Robert Dupuy. Donc, on espère que les constructeurs vont se rendre compte que c'est un segment de marché qui est intéressant et qu'ils vont mettre les efforts nécessaires. »

Par le passé, il a fallu imposer d'autres types de contraintes à l'industrie, comme le rappelle Paul Paré, du concessionnaire Montréal Auto Prix. « Je me souviens des systèmes antipollution, on a forcé les gens à ça, après, ç'a été les freins ABS, moi je pense qu'éventuellement, les véhicules qui n'émettent pas de GES, c'est le futur, donc on n'a pas le choix d'inciter les gens, de pousser à le faire, et nous, ça fait bien notre affaire en tout cas », dit-il.

D'autres espèrent aussi la contribution d'Ottawa, qui pourrait offrir des crédits d'impôt supplémentaires et ainsi encourager d'autres provinces à soutenir le développement des véhicules électriques.

Des sceptiques

Mais cette façon de procéder de Québec, en serrant la vis aux constructeurs, fait des sceptiques parmi les observateurs comme le professeur Yan Cimon, spécialiste en stratégie à l'Université Laval. « Généralement, on obtient probablement de meilleurs résultats en ayant des cibles d'émissions, en ayant aussi des incitatifs pour essayer de jouer sur le comportement des consommateurs, plutôt que d'essayer de contraindre les constructeurs et de forcer des pénalités dans le cas de cibles qui ne seraient pas rencontrées », dénote-t-il.

Il y a plus de 8000 véhicules électriques sur les routes du Québec à l'heure actuelle, ce qui constitue moins de 1 % du parc automobile. Le gouvernement voudrait qu'il y en ait 100 000 d'ici quatre ans.

Paradoxalement, la vente de véhicules utilitaires sport, plus énergivores, a bondi l'année dernière.

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