L'Association des pompiers de Montréal tire la sonnette d'alarme quant au nombre de cas de cancers répertoriés chez ses membres. En 2011, aucun cas ne lui avait été signalé, alors qu'aujourd'hui, elle compte 60 dossiers.

Il y a davantage de cancers en moyenne chez les pompiers que dans la population en général, selon le vice-président de l'Association des pompiers de Montréal, Chris Ross.

Depuis avril dernier, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) reconnaît sept cancers comme maladie professionnelle.

Les pompiers atteints d'un cancer du rein, de la vessie, du larynx et du poumon, de mésothéliome pulmonaire, de myélome multiple et de lymphome non hodgkinien, n'ont donc plus à démontrer que ces maladies ont été causées en raison de l'exposition à diverses substances toxiques lors des incendies combattus.

Toutefois, le pompier doit avoir cumulé un certain nombre d'années d'exposition - entre 15 et 20  ans - pour que la maladie soit reconnue. Dans le cas du cancer du poumon et du larynx, le pompier doit avoir été non fumeur pendant les dix dernières années.

Les pompiers souhaiteraient que la CNESST en fasse plus et que davantage de cancers soient reconnus comme maladie professionnelle, comme c'est le cas notamment en Ontario, en Nouvelle-Écosse, au Manitoba et en Alberta.

L'organisme a refusé la demande d'entrevue d'ICI Radio-Canada, mais a écrit : « Des cancers peuvent survenir chez les pompiers en raison de leur exposition aux fumées d'incendie et aux gaz divers, lors des activités de combat d'incendie, de déblais et d'enquêtes sur les circonstances et les causes d'incendie ».

Les pompiers sont exposés à différentes sortes de toxines lorsqu'ils combattent un brasier et ensuite, lorsqu'ils doivent inspecter les décombres. « Présentement à Montréal, je sais que les pompiers conservent leur équipement de protection respiratoire, mais c'est relativement nouveau, ça fait seulement quelques années. Les gens qui ont 30 ans d'expérience ont pendant 25 ans, 28 ans, été exposés à des poussières, à des fumées, à des vapeurs, à des fibres durant cette période de nettoiement », explique le professeur à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, Marc Baril.

Un cancer peut prendre des années à se développer, ce qui peut expliquer pourquoi certains pompiers tombent malades à leur retraite.

Prévenir au lieu de guérir

Le Service des incendies de Montréal a récemment pris des mesures de prévention. Le port de l'appareil de protection respiratoire est obligatoire et une attention particulière est portée aux combinaisons de protection souillées.

Les études actuelles sont plus pointues sur la contamination croisée et l'absorption des substances toxiques par la peau, assure le directeur adjoint au soutien opérationnel au Service des incendies de Montréal, Denis Doucet. « C'est là-dessus que l'on va travailler », conclut-il.

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet

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