Les 3,4 millions d'habitants de Porto Rico n'en ont toujours pas fini avec l'ouragan Maria, mais il est d'ores et déjà établi qu'il aura été « la tempête la plus dévastatrice qu'ait connue l'île en un siècle », affirme Ricardo Rosselo, le gouverneur de ce territoire américain déjà durement touché par Irma la semaine dernière.

L’ouragan, qui était de catégorie 4 lorsqu’il a frappé l’île mercredi, n'a fait qu'un mort jusqu'ici, mais les vents de 250 km/h qui l'accompagnaient ont complètement détruit le réseau électrique du pays, démoli des immeubles, arraché des toitures et des arbres, et inondé les rues et les maisons de plusieurs villes.

Une authentique catastrophe pour un État déjà en faillite, qui doit encore recevoir une importante quantité de pluie.

« Il y a beaucoup d’inondations, beaucoup d'infrastructures endommagées, le système de télécommunications est partiellement détruit et l'infrastructure énergétique ne fonctionne plus du tout », a affirmé M. Rosselo dans une entrevue accordée à CNN.

La dévastation est « pratiquement absolue », a témoigné en pleurs la mairesse de la capitale, Carmen Yulin Cruz, dans un refuge, ajoutant que « de nombreuses parties de San Juan sont complètement inondées ».

« Notre vie telle que nous l'avons connue a changé », a-t-elle affirmé.

« Des mois et des mois s’écouleront avant que nous puissions nous remettre de ça », a renchéri Felix Delgado, maire de la municipalité de Catano, voisine de celle de San Juan, dans le nord de l’île.

S'exprimant à New York en marge d'une rencontre avec son homologue ukrainien, Donald Trump a déclaré que l'île avait été « totalement anéantie » et son réseau de distribution électrique « totalement détruit » par Maria.

Les services fédéraux d'urgence ont commencé à travailler à la reconstruction, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il envisageait de se rendre sur l'île sans préciser quand.

Entre-temps, les autorités portoricaines ont instauré un couvre-feu de 18 h à 6 h, autant pour la sécurité que pour éviter les pillages dans les maisons que les habitants ont été contraints d'abandonner.

Des pluies diluviennes attendues

Selon le Centre américain des ouragans (NHC), Porto Rico doit maintenant se préparer à recevoir de 50 à 75 cm de pluie d'ici samedi, voire 90 cm par endroits. « Si vous le pouvez, montez vers les hauteurs MAINTENANT », a indiqué jeudi le service météorologique national dans un tweet.

L’organisation évoque des inondations « catastrophiques » et des risques de glissements de terrain.

Plusieurs milliers de Portoricains ont subi le passage de l’ouragan dans l'un ou l'autre des 500 refuges ouverts sur l’île. Beaucoup d’entre eux peuvent témoigner de la violence de Maria.

« Quand les vents ont commencé à souffler fort [...] nous avons dû monter aux deuxième et troisième étages avec toutes nos affaires et les chiots », a raconté à l’AFP Suzette Vega, une habitante de 49 ans qui a trouvé refuge avec 1200 personnes dans une salle de concert de San Juan.

Dans le centre de la capitale, Imy Rigau raconte avoir été prise au piège par de l'eau qui a déferlé dans son appartement, après que le plafond de celui situé tout juste au-dessus se fut envolé.

« L'eau est descendue par les escaliers comme une cascade et toute cette eau est entrée chez moi », a raconté en pleurs cette femme de 53 ans. « Nous sommes bloqués », s'est-elle lamentée dans une conversation téléphonique avec l'AFP.

Un bilan provisoire de 18 morts dans les Caraïbes

Porto Rico ne déplore pour l'instant qu'un seul mort à la suite du passage de l'ouragan. Un homme a perdu la vie après avoir été frappé de plein fouet par une planche propulsée par le vent, initialement utilisée pour bloquer une fenêtre. À titre comparatif, l'ouragan le plus dévastateur à avoir frappé l'île, Okeechobee, avait fait 300 victimes en 1928.

L'ouragan Maria a aussi fait deux morts en Guadeloupe, et 15 autres en Dominique. L'île, qui compte environ 73 000 habitants, a grandement souffert du passage de Maria, en début de semaine. La Dominique, située à proximité des départements français de la Martinique et de la Guadeloupe, est depuis quasiment coupée du monde et certains villages ne sont accessibles que par la mer ou par hélicoptère.

En plus des décès recensés, le gouvernement dominiquais a fait état d'une vingtaine de personnes portées disparues. « Nous ne sommes pas allés dans tous les villages et ce sera un miracle si nous n'avons pas d'autres morts », a déclaré le premier ministre dominiquais, Roosevelt Skerrit, qui a lui-même dû être secouru lors du passage de l'ouragan.

Le Centre des situations d'urgence des Caraïbes estime par ailleurs qu'entre 70 % et 80 % des infrastructures du pays ont subi des dommages. L'hôpital principal roule présentement sans électricité et sans générateur à cause des inondations, forçant ainsi le gouvernement à organiser des évacuations vers les îles voisines.

Maria passe jeudi au nord de la République dominicaine pour ensuite se diriger vers les îles Turks et Caicos, aussi touchées par Irma la semaine dernière.

L’ouragan, actuellement de catégorie 3, pourrait gagner de la force d’ici là. Des marées de tempêtes de plus de 3,5 mètres pourraient toucher les côtes.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine