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« Postes Canada doit demeurer rentable », prévient la ministre Foote

L'avenir de Postes Canada n'est pas en péril, affirme la ministre fédérale des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, mais concernant la livraison du courrier à domicile, « les Canadiens comprendront que les coûts importent ».

C'est dans cet esprit que le gouvernement canadien entreprend l'examen des services offerts par Postes Canada. Cet exercice mené au coût de 2 millions de dollars tirés du budget gouvernemental permettra d'examiner « toutes les options possibles », a indiqué la ministre des Services publics.

Dans un premier temps, Ottawa confie à un groupe indépendant, présidé par la Québécoise Françoise Bertrand, le soin de colliger les analyses déjà existantes sur la question, afin de produire un rapport d'ici la fin de l'été.

Dans un deuxième temps, un comité parlementaire sillonnera le pays pour consulter les Canadiens, dans le but de formuler des recommandations à la fin de l'année.

Le gouvernement de Justin Trudeau tranchera sur ce qu'il adviendra de Postes Canada d'ici avril 2017, a annoncé la ministre Foote lors d'une conférence de presse à Ottawa. La privatisation de la société d'État n'est pas envisagée, a-t-elle précisé.

Plus de boîtes postales à l'avenir?

Le gouvernement canadien est résolu à ce que les Canadiens gardent leur service postal, mais il faut que cela se fasse à un coût raisonnable, a expliqué Judy Foote en substance.

Expliquant que l'autonomie financière de Postes Canada comptait avant toute chose, Judy Foote a dit que le courrier pourrait être livré à domicile tous les deux jours ou tous les quatre jours, par exemple. En fait, il reviendra aux Canadiens de dire au gouvernement ce qu'ils en pensent, en participant aux consultations menées à cet effet cette année, a expliqué la ministre.

De nouvelles boîtes postales pourraient-elles pousser en milieu urbain? « Aucune option n'est écartée », a répondu la ministre des Services publics.

Rappelons que la question du service de livraison du courrier à domicile avait fait grand bruit pendant la campagne électorale fédérale l'an passé. Le maire de Montréal, Denis Coderre, avait notamment causé l'émoi quand il s'était attaqué avec un marteau-piqueur à une dalle destinée à soutenir une boîte postale.

Dans sa plateforme électorale, le Parti libéral indiquait vouloir s'assurer « que des services de qualité à un prix raisonnable sont offerts aux Canadiens partout au pays ». Le premier ministre Justin Trudeau s'était engagé à maintenir la livraison du courrier à domicile. Postes Canada avait, en conséquence, suspendu l'implantation des boîtes postales communautaires.

En conférence de presse jeudi, la ministre Foote a dit ignorer combien il en coûterait pour rétablir entièrement la livraison du courrier à domicile partout au pays.

L'opposition pourfend les libéraux

À Ottawa, l'opposition néo-démocrate affirme que depuis 2014, des centaines de milliers de personnes ont perdu leur service de courrier à domicile. Et à la lumière des déclarations faites par la ministre jeudi, le parti de Thomas Mulcair conclut que les libéraux renient leur promesse de le rétablir.

Du côté des conservateurs, le député Gérard Deltell affirme que ce qu'avaient promis les libéraux en campagne électorale au sujet du courrier à domicile était « farfelu, irréaliste et irresponsable ».

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin, se demande pour sa part si la mise sur pied d'un groupe de travail est absolument nécessaire.

L'UMQ participera « étroitement aux consultations »

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) se montre favorable à l'examen qu'entreprend Ottawa. Par communiqué, l'UMQ affirme que l'installation de boîtes postales communautaires, le réaménagement de circuits de livraison du courrier ou la fermeture de bureaux de poste ont des effets directs et immédiats pour l'ensemble de la population, particulièrement les citoyens plus vulnérables.

L'UMQ rappelle aussi à Postes Canada l'importance de ne pas agir unilatéralement quand vient le temps de procéder à des changements qui touchent à l'environnement, l'aménagement et le paysage urbain. L'UMQ réclame que la société d'État ait l'obligation légale de consulter les municipalités à ces égards.

Des services bancaires au bureau de poste?

La tâche du groupe de travail s'annonce complexe, alors que la société d'État se bute à des problèmes financiers et à un marché en transformation.

Pour Françoise Bertrand, qui présidera le groupe de travail, les services postaux sont en mutation parce que les gens les utilisent différemment.

« Les Canadiens sont de plus en plus nombreux à payer des factures et à faire des achats en ligne, a-t-elle noté. Le nombre de colis expédiés a par ailleurs augmenté, tandis que le volume de correspondances écrites a diminué. »

Faire des transactions bancaires au bureau de poste

Cet hiver, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) avait fait plusieurs propositions pour réformer Postes Canada. Il propose notamment d'étendre le rôle des facteurs et de créer une banque postale.

De fait, il est question que le groupe de travail se penche sur la possibilité de réinstaurer des services bancaires au sein de la société d'État, qui avait offert ce type de services avant d'abandonner cette voie, en 1968.

En entrevue sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, Denis Lemelin, représentant au sein du Syndicat des travailleurs des postes (STTP), a affirmé que le bureau de poste devrait redevenir ce qu'il était autrefois, soit « un centre de développement au niveau de la communauté ». Postes Canada possède plus de 6500 comptoirs et bureaux à travers le pays, un réseau dans lequel les citoyens ont confiance, dit le représentant syndical.

Jeudi, le STTP tenait des manifestations en faveur de services bancaires postaux comme solution de rechange aux prêteurs sur salaire à Montréal, Halifax, Ottawa, Toronto et Vancouver.

Le rôle des facteurs

Judy Foote affirme que les employés de Postes Canada seront eux aussi consultés. Elle dit avoir rencontré « tous les syndicats » et assure qu'il n'y a pas lieu de craindre un conflit de travail.

Plusieurs pays ont par ailleurs entrepris des changements dans leurs services postaux ces dernières années. À cet égard, Françoise Bertrand affirme que le groupe de travail indépendant se penchera sur les meilleures pratiques mises en place sur la scène internationale. À part Mme Bertrand, le groupe de travail est composé de l'Ontarienne Krystyna Hoeg, du Saskatchewanais Jim Hopson et de la Néo-Brunswickoise Marena McLaughlin.

En 2013, la société d'État a mené une consultation sur son avenir auprès des Canadiens. Vous pouvez consulter les solutions envisagées à l'époque.

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