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Pourquoi est-ce si difficile d'identifier les victimes des attentats de Bruxelles?

Trois jours après les attentats qui ont frappé la capitale belge, on commence à connaître les nationalités de certaines victimes. Mais aucune n'a encore été identifiée formellement et plusieurs se demandent pourquoi le processus d'identification est si long.

Un texte de Ximena Sampson

Même si des noms circulent, les autorités belges refusent pour l'instant de confirmer ces informations. Elles veulent authentifier l'identité des victimes hors de tout doute, une tâche particulièrement difficile pour trois raisons :

  1. La violence des explosions;
  2. La multitude de nationalités;
  3. Les endroits où les terroristes ont frappé.

1. LA VIOLENCE DES EXPLOSIONS

Le souffle des explosions a déchiqueté les corps, provoquant ce que plusieurs décrivent comme des « blessures de guerre ».

« Tous les patients avaient des blessures multiples, des fractures multiples, des lésions vasculaires concomitantes, des lésions cérébrales », a expliqué à la chaîne de télé BFMTV Jean-Paul Van Vooren, médecin directeur de l'hôpital Érasme, où sont arrivés les premiers blessés. Nombreux d'entre eux auraient également subi des brûlures.

Les enquêteurs belges soupçonnent les terroristes d'avoir utilisé un explosif hautement instable appelé TATP, auquel ils auraient mêlé des vis et des clous. Cela augmente la puissance des bombes et leurs dégâts. Les médecins ont trouvé des fragments métalliques dans les membres des victimes.

Un processus rigoureux

Les responsables de l'identification doivent suivre une procédure internationale très stricte avant de pouvoir confirmer l'identité des victimes.

Lors d'attentats, les corps sont souvent déchiquetés et les membres éparpillés. Les médecins doivent identifier chacun des membres et les réassembler. Ils se fient ensuite aux indications des familles des disparus pour établir leur identité, en recherchant particulièrement les tatouages, prothèses et autres marques indélébiles.

Cependant, la comparaison visuelle n'est pas un outil considéré comme très sûr.

Les experts préfèrent donc procéder à l'analyse des empreintes dentaires et à des prélèvements d'ADN. Ces deux techniques requièrent cependant du temps. En effet, on doit retrouver des radiographies ou des fiches dentaires des personnes portées disparues afin de les comparer avec celles des victimes. Pour cela, encore faut-il que ces documents existent et qu'il soit possible de les obtenir.

En ce qui concerne l'ADN, il faut récolter de l'information sur des éléments appartenant aux disparus, comme leurs brosses à dents ou à cheveux, des vêtements ou des bijoux. Les experts demandent également des échantillons d'au moins deux membres de la famille des disparus pour les comparer avec les échantillons prélevés sur les personnes décédées.

« C'est un travail laborieux en amont, mais une fois qu'on a toutes les pièces à conviction, ça prend aussi du temps pour concilier les résultats et faire les liens », souligne Josée Houde, chef d'équipe de l'identification des personnes au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec. Mme Houde a travaillé à l'identification des victimes de Lac-Mégantic.

2. DES NATIONALITÉS MULTIPLES

Dans le cas des attentats de Bruxelles, la situation se complique par le fait que les victimes proviennent de plusieurs pays.

« Il y a probablement parmi les morts et les blessés plus de 40 nationalités différentes », a déclaré à la RTBF le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. Les délais seront donc encore plus longs pour obtenir les différents échantillons nécessaires à l'identification.

L'identification de certains des terroristes a été beaucoup plus rapide dans la mesure où ils étaient déjà connus des autorités. Puisqu'ils étaient déjà fichés, il fallait seulement recouper l'information.

3. LES ENDROITS OÙ LES TERRORISTES ONT FRAPPÉ

Les attentats ont eu lieu dans une station de métro et un aéroport, deux lieux fréquentés par une multitude de gens en transit. On n'a donc pas un groupe circonscrit de personnes à partir duquel faire les recherches. Ce sont des membres de la famille qui s'inquiètent de ne pas avoir de nouvelles de leurs proches qui vont mettre la puce à l'oreille des enquêteurs. « C'est un cas ouvert, explique Josée Houde, il y aura énormément de tri à faire. »

Parmi les 300 blessés, on compte une dizaine d'Américains, une vingtaine de Portugais, 10 Français, 9 Espagnols, 8 Allemands, 4 Roumains, 4 Britanniques et 2 Hongrois.

Quelque 150 d'entre eux sont toujours hospitalisés, dont 61 se trouvent encore aux soins intensifs. Quatre des personnes hospitalisées sont dans le coma et n'ont pas été identifiées, selon le ministère belge de la Santé.

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