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Poursuite de 50 M$ pour un cas d'intimidation : l'école nie toute responsabilité

EXCLUSIF - Le Conseil scolaire de langue française Viamonde nie avoir fait preuve de négligence envers une fillette qui aurait été victime d'intimidation à l'école. Sa famille, qui vit à Penetanguishene en Ontario, poursuit le conseil pour 50 millions de dollars. 

Un reportage d'Annie Poulin et de Laurence Martin 

La présumée victime, qu'on ne peut pas nommer pour protéger son identité, a aujourd'hui 10 ans. Elle a fréquenté l'École publique Saint-Joseph de Penetanguishene de 2010 à 2014, jusqu'à ce que ses parents la retirent de l'établissement parce « qu'elle était terrifiée ».

Sa mère lui enseigne maintenant les matières scolaires à la maison parce qu'elle refuse de mettre les pieds dans une école. 

Selon les parents, la fillette aurait reçu des menaces de mort à plusieurs reprises. Une élève lui aurait répété qu'elle était stupide et aurait incité d'autres enfants à la prendre pour cible. 

Lorsque Radio-Canada a présenté le témoignage de cette famille en avril, le Conseil scolaire Viamonde avait refusé de commenter. 

Maintenant que leur défense a été déposée devant la Cour supérieure de l'Ontario, le conseil scolaire et l'école nient catégoriquement avoir fait preuve de négligence.

Ils admettent avoir eu à gérer un conflit entre deux fillettes durant l'année scolaire 2014-2015, mais affirment avoir agi avec diligence.

Le conseil énumère d'ailleurs toutes les mesures que l'école aurait prises pour que l'intimidation cesse, entre autres interdire toute communication entre les fillettes et avertir les familles. La liste complète est disponible ici.

La présumée victime aurait elle aussi intimidé des élèves

Le conseil explique que ce sont plutôt l'élève et sa famille qui seraient « les architectes de leurs prétendus dommages ».

Selon le conseil scolaire, la fillette aurait elle-même intimidé d'autres élèves. « Elle pouvait parfois tenter de contrôler et de manipuler des situations avec ses pairs en leur disant quoi faire, et contribuait occasionnellement à la création ou perpétuation de conflits », peut-on lire dans l'exposé de la défense.

Le conseil Viamonde affirme aussi que la petite fille jouait parfois avec sa présumée intimidatrice. Lorsqu'une enseignante les aurait séparées, la fillette aurait répondu : « C'est correct, nous sommes amies maintenant. »

Même le père de la présumée victime se serait présenté dans la cour d'école un matin à l'insu de la direction, selon la défense. Une éducatrice spécialisée l'aurait vu s'approcher à 30 centimètres du visage de la présumée intimidatrice. Il lui aurait dit : « C'est quoi ton problème? » La défense soutient que le ton était agressif et menaçant.

La porte-parole du Conseil scolaire Viamonde, Claire Francoeur, affirme que l'école était prête à travailler avec les parents pour résoudre le problème. « C'est dommage qu'ils aient choisi de poursuivre. »

La famille se défend

Les parents sont déçus que le conseil rejette une partie de la responsabilité sur leur fillette, qui avait 8 ans à l'époque. « Ils essaient de répartir les torts », croit le père.

La famille affirme n'avoir été mise au courant des mesures prises pour faire cesser l'intimidation qu'au moment où elle a reçu l'exposé de la défense déposé devant le tribunal. Les parents disent que lorsque leur fille fréquentait l'école, ils ont été tenus dans l'ignorance des mesures disciplinaires imposées aux autres élèves pour des raisons de confidentialité.

Le père admet avoir parlé à la fillette de 11 ans qui effrayait sa fille. Il affirme cependant qu'il s'est senti obligé d'intervenir lorsqu'il a vu que la présumée intimidatrice s'en prenait à sa fille cadette de 4 ans dans la cour d'école. Selon lui, le directeur était aussi sur place et ne serait pas intervenu, alors qu'il avait promis d'accorder une attention particulière à la situation le jour précédent.

Selon la famille, les mesures destinées à faire cesser l'intimidation étaient insuffisantes puisque celle-ci n'a jamais pris fin. Les parents soulignent que la Loi sur l'éducation donne le pouvoir aux directions d'école de sévir contre les enfants qui intimident les autres. « L'intimidatrice aurait dû perdre certains privilèges », croit le père.

Les parents pensent qu'il s'agit d'un échec pour l'école et le conseil, puisqu'ils n'ont pas été en mesure de résoudre un conflit entre deux fillettes de 8 et 11 ans.

Quant à la présumée victime, ses parents disent qu'elle est toujours traumatisée par l'école et qu'elle s'apprête à manquer une autre rentrée scolaire.

Aucune des allégations contenues dans la poursuite et la défense n'a été prouvée en cour.

 

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