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Poutine et Assad disent prôner une « solution politique » au conflit syrien

Le temps est venu de trouver une solution politique au conflit en Syrie. C'est le message commun qu'ont livré les présidents russe et syrien dans le cadre d'une rencontre tenue lundi soir à Sotchi, à une semaine de la reprise de négociations de paix sous l'égide des Nations unies.

Vladimir Poutine et Bachar Al-Assad ont discuté pendant environ trois heures lundi soir dans la résidence que le chef du Kremlin possède dans la station balnéaire de Sotchi. La rencontre n’a cependant pas été rendue publique avant mardi matin.

« En ce qui concerne notre travail commun dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, cette opération militaire touche à sa fin » a dit le président Poutine à son homologue syrien dans des propos retransmis à la télévision russe.

« J’aimerais beaucoup discuter avec vous des principes-clés pour organiser ce processus politique, et la tenue d’un congrès des peuples de Syrie, que vous soutenez », a encore dit le président russe à Bachar Al-Assad.

« J’aimerais entendre votre évaluation de l’état des affaires de votre pays aujourd’hui, et les perspectives pour l’évolution de la situation, incluant votre vision du processus politique qui, de notre point de vue, doit se tenir sous l’égide des Nations unies ».

Les propos du président Assad, retransmis par la télévision russe, ont été avenants.

« Nous ne voulons pas regarder en arrière et nous sommes prêts à un dialogue avec tous ceux qui souhaitent vraiment aboutir à un règlement politique », a-t-il ajouté, selon ses propos traduits en russe.

La télévision russe a également transmis des images du président Poutine présentant son invité à plusieurs hauts gradés de l’armée russe réunis dans sa résidence. « Au nom du peuple syrien, je vous exprime ma gratitude pour tout ce que vous avez fait. Nous n’allons pas l’oublier », leur a dit Bachar Al-Assad.

D'autres entretiens diplomatiques à venir

Le président russe doit également s'entretenir mercredi à Sotchi avec ses homologues turc et iranien, Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rouhani. Les trois pays sont les parrains du cessez-le-feu partiel qui a été scellé entre le gouvernement syrien et des groupes rebelles en décembre 2016.

Le Kremlin a fait savoir que M. Poutine aura ensuite des entretiens téléphoniques avec le président américain Donald Trump et des dirigeants de plusieurs pays du Moyen-Orient, dont l'Arabie saoudite.

Différentes factions de l'opposition syrienne doivent pour leur part se réunir mercredi dans la capitale saoudienne, Riyad, pour unifier leurs positions en vue de la reprise des négociations de paix prévue mercredi à Genève, en Suisse. Les pourparlers doivent porter sur une nouvelle Constitution et la tenue d'élections.

Une victoire russe

L’intervention de la Russie aux côtés de Bachar Al-Assad, à l’automne 2015, a marqué un tournant dans le conflit syrien, qui a fait au moins 330 000 morts et des millions de déplacés depuis qu’il a éclaté, en mars 2011.

Les bombardements de l’aviation russe ont notamment permis à l’armée syrienne, aidée de supplétifs irakiens et libanais, de reprendre la ville d’Alep de différents groupes rebelles et la cité antique de Palmyre, occupée par le groupe armé État islamique (EI).

Le soutien de l’aviation militaire russe a aussi permis à l’armée syrienne de reprendre la ville de Boukamal, dernier bastion urbain encore détenu par le groupe djihadiste, dont la chute a été annoncée dimanche.

L’appui militaire, mais aussi diplomatique de la Russie a cependant eu un prix pour la Syrie. La base aérienne de Hmeimim, dans le fief alaouite du président Al-Assad, près de Lattaquié, a aussi été cédée aux militaires russes au début de leur intervention.

Moscou a aussi annoncé son intention de transformer ses installations portuaires de Tartous, plus au sud, en « base navale russe permanente ». Ces installations sont les seules qui offrent à la marine russe un accès à la mer Méditerranée.

Bien qu’il semble maintenant bien en selle à Damas, le président syrien Bachar Al-Assad est loin d’avoir le contrôle sur l’ensemble du pays. Des combattants de l'EI demeurent regroupés dans certaines poches, des groupes rebelles sont toujours actifs dans la province d’Idlib, et les Kurdes contrôlent de larges pans de territoire dans le nord-est du pays.

Au-delà des drames humains engendrés par les combats, plusieurs villes ont été presque complètement détruites par les combats et l’économie est exsangue.

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