Une semaine à peine après la démission surprise de Pierre Karl Péladeau, la course à sa succession est déjà bien engagée, comme si le « moment Péladeau » n'avait jamais existé. Par contre, les défis - auxquels le chef démissionnaire n'avait fait que commencer à s'attaquer - restent entiers.

Michel C. Auger

Une analyse de Michel C. Auger
animateur de Midi Info

 

En fait, quand on pense que l'échéance électorale sera tout juste deux ans après l'élection du nouveau chef, il est difficile de penser que le PQ est en meilleure position aujourd'hui qu'il ne l'était avec PKP.

D'abord, il faut noter que jamais le Parti québécois n'a offert une brochette de candidats avec aussi peu d'expérience et de notoriété. Si les quatre députés qui se sont annoncés (Alexandre Cloutier, Véronique Hivon, Nicolas Marceau et Martine Ouellet) sont sur les rangs, ils auront ensemble moins d'expérience ministérielle que n'en avait André Boisclair quand il est devenu le plus jeune chef du PQ en 2005.

Il y a plusieurs raisons à cela, à commencer par le fait que le PQ a perdu quatre des cinq élections générales. Avec le résultat qu'il y a maintenant une génération entière qui n'a pas connu le PQ gouvernant avec une majorité de députés.

En fait, aux prochaines élections générales, il y aura plus de 2 millions d'électeurs qui n'étaient pas nés ou n'avaient pas encore droit de vote en 1998, la dernière fois que le PQ a formé un gouvernement majoritaire.

Ces électeurs, nous disent les sondages, sont précisément ceux qui sont le moins susceptibles de voter pour le PQ. Le défi du prochain chef sera donc de les convaincre, ce que les Landry, Boisclair et Marois n'ont pas réussi à faire. D'autant plus qu'aux dernières élections fédérales, ces électeurs ont plutôt eu tendance à appuyer Justin Trudeau.

Le discours de la charte...

Ces électeurs sont aussi les plus réfractaires à un nationalisme identitaire comme celui qui avait donné naissance à la charte des valeurs. Aujourd'hui encore, des voix se font entendre pour dire au PQ de revenir à ce discours identitaire.

En passant, on en profite aussi pour prétendre que la charte était populaire et qu'elle n'a rien eu à voir dans la défaite du PQ lors des dernières élections.

C'est malheureusement faire une lecture très partielle des sondages et de la réalité. D'une part, la charte n'était populaire que si on posait une question très générale. Dès qu'on parlait des modalités, le consensus s'estompait, en particulier sur la question du port des signes religieux dans la fonction publique.

D'autre part, il est établi que les électeurs les plus jeunes - précisément ceux que le PQ doit absolument convaincre - étaient les plus réfractaires à la charte et au discours identitaire.

Dans la course à la direction qui commence, il sera, bien sûr, difficile de demander aux candidats de faire le nécessaire débat sur l'article 1 du programme du PQ pendant une course à la direction. Les militants péquistes, on l'a vu il y a un an à peine, veulent d'abord et avant tout se faire promettre un chemin vers le pays.

Mais une course à la direction ne s'adresse pas qu'aux membres en règle du parti. Le ton et les idées défendues dans cette course seront remarqués par ceux qui seront appelés à voter lors de la prochaine élection.

Il ne suffira pas d'avoir un jeune chef. Il faudra aussi avoir un chef qui a un discours inclusif qui est susceptible d'attirer des électeurs plus jeunes et qui ont du mal à se reconnaître dans certains des vieux discours du PQ.

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