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Premier test linguistique pour les aspirants-chefs du Parti conservateur

Ce soir, les 14 prétendants au poste de chef du Parti conservateur du Canada vont s'affronter dans un débat bilingue à Moncton. Cette première expérience depuis le début de la course à la direction est très attendue de nombreux membres du parti. Nous avons rencontré trois militants qui parlent de l'importance du français dans cette course à la direction.

Alex Lord-Giroux

Il n'a peut-être que 23 ans, mais Alex Lord-Giroux connaît bien les rouages de la politique.

Impliqué au niveau universitaire, mais aussi provincial, il a participé à sa première campagne électorale aux côtés d'un candidat progressiste conservateur de sa région à l'âge de 10 ans!

Ce neveu de l'ancien premier ministre néo-brunswickois, Bernard Lord, est maintenant président des jeunes progressistes-conservateurs de la province.

Pour Alex Lord-Giroux, la question ne se pose même pas : le prochain chef du parti fédéral se doit de maîtriser le français. Selon lui, cela pourrait avoir un effet majeur sur le résultats des prochaines élections.

Aux élections, on va avoir des débats en français seulement à la télévision. Une personne qui n'est pas capable de faire passer ses idées dans cette langue-là, ça va heurter ses chances. Ça va heurter la crédibilité de cette personne.

Alex Lord-Giroux

Adair Losier

Quand nous le rencontrons chez lui, Alair Losier est en train de se renseigner sur le financement récolté par les candidats en Atlantique.

Adair Losier, qui vote « bleu » depuis des dizaines d'années croit que la maîtrise du français est incontournable pour s'attirer l'appui des membres francophones du parti.

En politique, c'est comme en business, tu fais affaire avec tes militants. Le militant français a autant le droit de se faire parler et se faire entendre que le militant anglophone.

Adair Losier

Paul D'Astous

Paul d'Astous, lui aussi conservateur de longue date, est très impliqué dans la politique néo-brunswickoise.

Il était directeur de la campagne de Blaine Higgs, qui, en octobre, est devenu chef du parti conservateur provincial.

Ce nouveau leader, un anglophone, s'est engagé à apprendre le français et maîtriser la langue lors de la prochaine élection provinciale en 2018.

Pour son ancien bras droit, Paul D'Astous, bien que la langue soit importante, il faut surtout qu'un candidat, au provincial ou au fédéral, comprenne les réalités économiques et culturelles des différentes régions du pays.

Les gens au Nouveau-Brunswick, les francophones vont vouloir être plus compris, dans le sens comprendre leur culture, comprendre leurs besoin, comprendre leurs attentes.

Paul D'Astous

Quel poids pour les conservateurs francophones?

Le système qui permettra de choisir le successeur de Stephen Harper est particulier. Il fait en sorte que chaque candidat obtient des points selon sa performance électorale dans chacune des 338 circonscription du pays.

Ainsi, même si le parti dispose d'un nombre plus imposants de membres en Ontario et en Alberta, les circonscriptions de ces provinces disposent du même poids que des circonscriptions ailleurs au pays où les membres sont beaucoup moins nombreux.

Le Québec et les circonscriptions à majorité francophone à l'extérieur de la province représenteront donc environ 25 %. Pour certains, cette réalité fait en sorte que la maîtrise du français ne peut être ignorée.

Avec le système de pointage, la façon dont le vote va se faire, le Québec est vraiment très important pour la course à la chefferie. Il y a 78 circonscriptions, chaque circonscription compte.

Pierre Paul-Hus, député conservateur de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles

Plusieurs des aspirants-chefs ont d'ailleurs multiplié les efforts ces dernières semaines pour obtenir des appuis d'organisations provinciales et régionales. Notamment en Atlantique, où les conservateurs ne disposent plus d'élus au niveau fédéral.

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