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Première frappe aérienne turque contre les Kurdes en Syrie

La Turquie a lancé une frappe aérienne à la fois contre les forces kurdes et le groupe armé État islamique (EI) au quatrième jour d'une offensive sans précédent, dans le cadre de l'opération « Bouclier de l'Euphrate ».

Un militaire turc a été tué et trois autres ont été blessés samedi dans un tir de roquette de miliciens kurdes contre deux chars à proximité de la ville syrienne de Jarablos, près de la frontière turque, a-t-on appris de sources militaires turques.

Il s'agit du premier décès confirmé d'un soldat participant à cette offensive, selon l'agence de presse progouvernementale turque Anadolu.

La roquette a été tirée depuis un secteur tenu par les miliciens kurdes des Unités de protection populaire (YPG), l'aile militaire du Parti de l'Union démocratique (PYD), ont ajouté ces sources. La Turquie qualifie ces deux organisations de terroristes, même si elles ont le soutien des États-Unis, alliés d'Ankara, considérées comme des forces combattant efficacement les djihadistes.

L'armée turque a répliqué : deux chasseurs F-16 auraient bombardé la position kurde et ont aussi mené des frappes contre six objectifs de l'EI en Syrie.

Les Kurdes ont qualifié l'attaque d'escalade dangereuse. Il s'agirait de la première frappe aérienne turque contre les forces alliées kurdes en territoire syrien.

Ces combats surviennent alors que les États-Unis et la Russie, qui soutiennent des camps opposés en Syrie, ont annoncé vendredi des progrès en vue de parvenir à un cessez-le-feu. Toutefois, il subsiste des désaccords entre les deux pays concernant Alep, la deuxième ville de Syrie, où 1,5 million de personnes sont prises au piège.

L'affrontement souligne la détermination d'Ankara de repousser les forces kurdes qui se trouvent le long de la frontière et ainsi modérer leur ambition de former une organisation mitoyenne dans le nord de la Syrie. Des groupes kurdes ont déjà déclaré une administration semi-autonome en Syrie et ont le contrôle majoritaire sur le secteur de la frontière.

Jarablos et Manbij jusqu'au sud, que les forces kurdes ont libéré du joug des combattants de l'État islamique plus tôt ce mois-ci, sont essentiels pour relier les secteurs semi-autonomes kurdes de l'ouest et de l'est de la Syrie. Les officiels Turcs affirment qu'ils continueront leur offensive en Syrie jusqu'à ce que toute menace de terreur provenant de ses voisins ait disparu.

Ankara a soutenu les rebelles syriens pour s'emparer du contrôle de Jarablos la semaine dernière. Actuellement, ils se fraient un chemin vers le sud et affirment s'être emparé samedi d'un certain nombre de villages au sud de Jarablos qui étaient aux mains de l'EI ou des forces kurdes.

Des tirs de roquette sur un aéroport turc

Plus tard samedi, des tirs de roquette ont frappé l'aéroport de Diyarbakir, grande ville du sud-est de la Turquie, et des combattants kurdes sont suspectés, a annoncé l'agence de presse Dogan, précisant qu'aucune victime n'avait été recensée.

Diyarbakir est la principale ville du sud-est turc, à majorité kurde, où des militants kurdes mènent une rébellion depuis une trentaine d'années.

Lancée mercredi, l'offensive militaire turque en Syrie vise à repousser le groupe armé État islamique ainsi qu'à empêcher les progrès des combattants kurdes. Le gouvernement syrien a condamné cette opération qu'elle considère comme une violation de sa souveraineté.

Les forces de sécurité turques subissent des attaques du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) presque quotidiennement; la dernière en date a provoqué la mort de quelque 11 policiers, vendredi à Cizre (sud-est), près de la frontière syrienne.

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