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Première Journée nationale du dépistage du VIH

La Société canadienne du sida a décidé d'organiser la toute première Journée nationale du dépistage du VIH au Canada, après avoir tenu une journée provinciale l'année dernière, en Saskatchewan.

Un texte de Raphaëlle Ritchot

Le directeur général de la Société canadienne du sida, Gary Lacasse, souligne qu’encore 20 % des personnes qui sont infectées par le virus du sida l’ignorent.

« Le dépistage au Canada n’est pas égal partout, les tests de dépistage rapide et un service sans stigmatisation cela n’existe pas dans des coins du pays. En Saskatchewan, on est un peu d’avance, mais dans les provinces de l’Atlantique, il n’y en a pas du tout et au Québec les tests rapides ne sont disponibles qu’à Montréal et à Québec », précise-t-il.

Gary Lacasse souligne aussi qu’il existe un manque d'éducation auprès des jeunes et que le gouvernement canadien devrait en faire plus en la matière.

« 27 % des jeunes Canadiens composent les nouveaux taux d’infection du VIH et parfois ils ne sont même pas au courant que le VIH existe », ajoute Gary Lacasse.

Soixante centres de dépistage sont ouverts mercredi un peu partout au pays.

Stigmatisation encore présente

Malgré toutes les avancées, la stigmatisation associée au dépistage existe encore. Elle est encore pire pour ceux et celles qui sont atteints du VIH.

Après une tentative de suicide ratée, Gloria Tremblay, est devenue bénévole et mentor auprès de personnes séropositives à Regina. Elle vit elle-même avec le VIH depuis 2003.

Au moment où la maladie a été diagnostiquée, elle vivait dans un petit village de la Saskatchewan d’environ 1000 personnes. L’homme qui lui a transmis la maladie venait de ce village et en a parlé dans un bar un soir. La nouvelle s’est répandue rapidement.

« Les gens ont arrêté de me parler, ils ont arrêté de me téléphoner, je m’ennuyais. J’ai perdu tous mes emplois, même ceux où j’étais bénévole », raconte la femme.

Au moment de son diagnostic, même les gens qui travaillaient dans les hôpitaux de sa région étaient peu informés. Elle se souvient que certains avaient peur d’elle.

« Ce que les gens doivent savoir c’est qu’on n’est pas si contagieux, la salive n’est pas contagieuse, on peut faire des tâches de tous les jours et toucher à tout ce que l’on veut, il n’y a aucun danger », indique-t-elle.

Elle raconte aussi que depuis qu’elle est bénévole auprès de personnes séropositives, elle remarque que les Autochtones sont encore très stigmatisés alors que la maladie est la même pour eux que pour les Blancs.

« On peut mener une vie normale en étant diagnostiqué, il suffit de prendre ses médicaments », conclut-elle.

Avec les entrevues de Raluca Tomulescu

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