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Près de 700 marches de femmes dans 60 pays contre Trump

Tandis que Donald Trump commence à peine son mandat présidentiel, des centaines de milliers de femmes dans le monde entier marchent aujourd'hui pour protester contre l'arrivée au pouvoir d'un homme ayant tenu des propos sexistes et haineux tout au long de sa campagne électorale.

Les appels aux manifestations se sont rapidement multipliés au cours des dernières semaines après qu’une grand-mère, Teresa Shook, avocate à la retraite vivant à Hawaï, eut lancé un appel à la mobilisation sur Facebook. Les organisateurs souhaitent ainsi montrer au nouveau président américain que ses actions seront surveillées de près par les femmes du monde entier.

Nous allons voir des gens de tous les milieux se rassembler. Il y aura des militants qui, comme moi, se battent pour que tous les Américains puissent profiter des valeurs qui nous sont chères, mais aussi des gens qui ont été choqués et qui ont peur de la direction que prend le pays.

Tamika Mallory, membre du Comité national de la « Women’s March ».

La plus importante de toutes les manifestations a commencé à 10 h (HAE), à Washington. Plus de 200 000 personnes y sont attendues. Entre 3000 et 4000 autobus nolisés étaient attendus dans la capitale américaine.

La première Marche des femmes s’est tenue, samedi, en Australie et en Nouvelle-Zélande où des milliers de femmes sont descendues dans la rue. Elles ont défilé à Sydney, à Melbourne, à Wellington et à Auckland, indique le journal Le Monde.

Les manifestants se sont donné rendez-vous symboliquement sur l’esplanade devant le Capitole, soit l’emplacement même de l’assermentation hier du 45e président des États-Unis. La marche se dirigera ensuite vers la Maison-Blanche.

L’organisation américaine à l’origine de l’événement, « Women’s March », estime qu'à l'échelle internationale plus de 2 millions de personnes participeront aux « Sisters Marches », c’est-à-dire les Marches des sœurs.

Au-delà des femmes

Cette marche découle d’une initiative féministe d’abord, mais les militantes à l’origine du mouvement de protestation précisent que les points ciblés sont nombreux.

Selon le site web de la « Women’s March », leur mission englobe la protection des droits des immigrants de toutes les origines, des personnes de toutes les croyances religieuses, de la communauté LGBTQ, des Autochtones, des Noirs et des personnes handicapées.

Ces militantes souhaitent aussi dénoncer la volonté de la nouvelle administration de supprimer l'Obamacare, qui réclame notamment des assureurs qu'ils couvrent le contrôle des naissances.

Une marée de « chapeaux de chattes »

Une initiative intitulée « Pussyhat » invite aussi les manifestantes à se tricoter des chapeaux en laine rose avec des oreilles de chat.

Ces chapeaux font référence à la conversation que Donald Trump avait eue avec un présentateur de télévision dans laquelle il se vantait de pouvoir embrasser des femmes et toucher leurs organes génitaux sans leur demander leur avis.

L’idée des chapeaux de protestation a été lancée en novembre par deux féministes de Los Angeles, Krista Suh et Jayna Zweiman. Depuis, des photos de femmes portant des tricots à la forme de félin se sont propagées sur Internet et cet accessoire fera office d’uniforme pour de nombreuses manifestantes anti-Trump.

Un mouvement canadien

Des milliers de Canadiennes prendront elles aussi part au mouvement de protestation à Washington.

Un groupe de Montréalaises et de Montréalais est parti, vendredi soir, de la gare d'autocars, rue Berri, pour participer à l'événement. De plus, huit autobus remplis de femmes provenant des autres provinces canadiennes ont aussi pris la route de Washington.

Je ne pouvais pas croire que Donald Trump serait élu, mais c’est un fait. Sur le coup, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose.

Une manifestante montréalaise en route vers Washington

Par ailleurs, au Canada, une trentaine de marches sont organisées, notamment à Montréal, à Ottawa, à Toronto, à Calgary, à Edmonton, à Frédéricton, à Halifax, à Moncton, à Winnipeg et à Vancouver.

Parce que nous savons trop bien que les acquis sont fragiles, et qu'il importe de réitérer l'importance que nous accordons à l'égalité, à la diversité et à l'inclusion.

Alia Hassan-Cournol, coordonnatrice et porte-parole de la marche montréalaise

« Ce mouvement a permis à des milliers de femmes au pays et à des millions partout dans le monde, d’offrir une démonstration notre pouvoir collectif », affirme Gillian Sonin, la porte-parole de la Marche des sœurs du Canada.

Quelques personnes ont aussi protesté, vendredi soir, à Montréal, contre l’élection de Donald Trump. La majorité de la manifestation s’est déroulée dans le calme, mais la situation s’est corsée, lorsque certains des protestataires ont causé des dégâts rue Sainte-Catherine.

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