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Près du tiers des éléphants des savanes décimés en Afrique

La population d'éléphants dans la savane africaine a décliné de 30 % entre 2007 et 2014, d'après les résultats d'une enquête qui met en évidence les ravages du braconnage.

Par ce recensement lancé en décembre 2013, scientifiques et défenseurs de la faune ont dénombré un peu plus de 350 000 pachydermes. Dans les 18 pays sondés, cela représente 93 % des éléphants.

L'étude, financée à raison de 7 millions de dollars par Paul Allen, cofondateur de Microsoft et philanthrope, a été effectuée par l'organisation Éléphants sans frontières.

« Si nous ne pouvons pas sauver les éléphants, quel espoir y a-t-il pour le reste de la faune sauvage africaine? », s'est interrogé Mike Chase, qui a dirigé l'étude et fondé Éléphants sans frontières.

Une étude menée au moyen d'avions sur plus de 400 000 km

Le braconnage, destiné à dépouiller les éléphants de leurs défenses en ivoire, est perpétré de manière particulièrement intense dans les pays suivants :

  • l'Angola;
  • le Mozambique;
  • la Tanzanie.

L'extinction totale menace les éléphants des régions suivantes :

  • le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC);
  • le nord du Cameroun;
  • le sud-ouest de la Zambie.

La savane africaine - vaste prairie pauvre en arbres et en fleurs - a été survolée par 286 participants à bord de 81 avions, qui ont parcouru quelque 463 000 kilomètres. Cette opération d'envergure constitue, de l'avis de Paul Allen, « une extraordinaire collaboration par-delà les frontières, les cultures et les juridictions ».

Des crimes qui s'apparentent à des massacres

Toutefois, les résultats de l'étude sont « profondément dérangeants », affirme Paul Allen, qui appelle à une prise de conscience et de responsabilité collectives pour préserver cette espèce emblématique.

Par exemple, dans les réserves Selous Game en Tanzanie ou Niassa au Mozambique, la population d'éléphants a été décimée de plus de 75 % ces dix dernières années, d'après les résultats de l'étude.

Pour dépouiller les éléphants de leur ivoire, les braconniers n'utilisent pas moins que des AK-47, des grenades et des obus, entamant leur horrible boucherie quelquefois avant même que l'animal n'ait succombé à leur assaut.

Les carcasses des éléphants sont abandonnées sur place. Il arrive que ce soit les pilotes d'avions commerciaux qui survolent la région qui les aperçoivent.

D'autres études à venir

Dans le cadre d'un autre recensement qui va être mené ultérieurement, Paul Allen entend diriger les efforts vers les éléphants de la forêt africaine.

D'ici là, deux pays doivent encore faire l'objet d'un recensement de leurs éléphants des savanes : la République centrafricaine et le Soudan du Sud, théâtre de crises et de combats armés ces dernières années.

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