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Présidentielle américaine : la course sans fin

« Est-ce qu'on peut voter maintenant? ». C'est ma coiffeuse qui a posé la question, il y a peu. Un constat, un mouvement d'impatience. D'une électrice tannée d'entendre parler des problèmes d'images d'Hillary Clinton, ou encore de la dernière controverse entourant Donald Trump. 

Yanik Dumont Baron

  Un billet de Yanik Dumont Baron

Et si l'on se fie aux sondages, un peu plus de 9 Américains sur 10 ont eux aussi tiré leurs conclusions et ne demandent plus qu'à voter.

C'est probablement le résultat de l'incroyable couverture médiatique dont a bénéficié Donald Trump depuis un an, ainsi que le fait, pour Hillary Clinton, d'avoir été au coeur de la politique américaine depuis des décennies.

Bref, on les a assez vus, on a assez entendu parler d'eux, et c'est peut-être pour ça que des gens comme ma coiffeuse ont hâte d'en finir. Mais il reste 63 jours avant ce mardi de novembre. Deux mois. Une période qui ressemble à celle d'une campagne canadienne normale.

Le congé de la fête du Travail marque le début du dernier (long) droit de cette campagne. Le moment où les candidats espèrent enfin avoir l'attention d'un électorat qui a décroché durant l'été. Pour ceux parmi vous qui auraient décroché (comme ma coiffeuse), voici un état des lieux :

  • Il n'y aura pas de Donald Trump 2.0, amélioré et plus conventionnel. Le républicain l'a démontré à plusieurs reprises au cours de l'été : il cherche la controverse, l'utilise pour attirer l'attention sur lui. Sa campagne semble plus professionnelle depuis quelques semaines, l'homme est plus discipliné... mais ça demeure une impression qui disparaît bien souvent.
  • Il n'y aura pas non plus de grand virage vers le centre. Le voyage-éclair de Donald Trump au Mexique avait des airs de recadrage, de modération. Une impression qui n'a duré que quelques heures. Le même soir, son discours en Arizona a confirmé ses intentions : il mise sur sa base de partisans blancs, ébranlés par l'immigration et les changements sociaux qui transforment les États-Unis.
  • Hillary Clinton est la favorite (mais...). Ce sont les sondages qui le disent, les modèles qui prédisent les résultats dans chaque État. Sa campagne dispose de plus de personnel, de ressources et d'expérience. Mais la partie semble loin d'être gagnée. La démocrate n'a pas une si grande avance dans les États où ça va vraiment compter, comme la Floride.
  • Sa candidature demeure empêtrée dans les questions d'éthique et de jugement qui lui font ombrage, comme l'utilisation d'un serveur personnel pour ses courriels professionnels ou encore les relations entre la fondation familiale, des donateurs étrangers et la politicienne. Bref, sa candidature n'est pas perçue comme un moment historique : l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous.

Il faut rajouter une donnée dans l'équation : la faiblesse des tiers partis. Oui, le libertarien Gary Johnson et Jill Stein, du Parti vert, font parler d'eux. Mais il n'y a pas à leur endroit un mouvement de masse qui pourrait avoir un effet sur la campagne d'Hillary Clinton et Donald Trump. 

Le choix se fera donc entre ces derniers. Deux politiciens qui ont l'étrange privilège d'être les candidats à la présidence les moins appréciés de leur génération. On ne les aime pas, on craint leur élection. Pour bien des Américains, la question semble être de trouver celui ou celle qui déplaît le moins.

Ce qui rend encore plus intéressante l'idée du politologue James Campbell de l'Université de Buffalo. Il rêve d'un autocollant pour les pare-chocs de voitures qui résumerait la campagne 2016 à ses yeux. Il a fait part de ses conclusions au Washington Post. C'est à la fois frappant et désolant : « Mon candidat est un idiot. Ton candidat est pire. »

Et vous, quel slogan voudriez-vous voir sur un autocollant de pare-chocs pour résumer la campagne 2016?

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