Retour

Prise en charge de patients : les médecins en retard sur les cibles

Dans l'entente qu'elle a signée en 2015 avec le gouvernement du Québec, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) s'engageait à ce que 85 % de la population québécoise soit inscrite à un médecin de famille d'ici le 31 décembre 2017. Selon les données obtenues par Radio-Canada, 75,4 % des Québécois étaient inscrits à un médecin le 31 mars. La FMOQ devra mettre les bouchées doubles afin d'atteindre l'objectif convenu avec Québec.

Un texte de Davide Gentile

« C'est clair qu'il y a un défi », admet Louis Godin, président de la FMOQ. La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec reste confiante, parce que la cadence d'inscription augmenterait depuis avril.

« On inscrit en moyenne 12 000 patients de plus par semaine », affirme Louis Godin.

Cet optimisme n’est pas partagé par tous les intervenants. « À ce rythme, on ne peut pas atteindre la cible de 85 % », dit Mylaine Breton, professeure à l'Université de Sherbrooke.

« On n’est pas surpris d'être à 75,4 % », dit Simon-Pierre Landry, co-porte-parole du Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée.

Selon lui, la FMOQ et le gouvernement ont sous-estimé certains facteurs comme le vieillissement de la population, mais également les départs à la retraite de médecins qui avaient souvent plus de 1500 ou 2000 patients. « Ça prend beaucoup de jeunes qui suivent 500 patients par année pour compenser ces départs à la retraite », explique le Dr Landry, qui invite les autorités à changer de stratégie.

La FMOQ souligne toutefois certains éléments positifs. « Chez les gens de 70 ans et plus, 97 % des gens ont un médecin de famille », note Louis Godin.

Les données fournies à Radio-Canada indiquent également que les personnes de 60 à 70 ans ont un médecin de famille dans une proportion de plus de 85 %. « J'ai beaucoup à faire chez les hommes de 18 à 50 ans, où plus d'un million de personnes n'ont pas de médecin », précise M. Godin.

Le ministre de la Santé fait preuve d’optimisme

Comme le nombre de Québécois inscrits augmente, Louis Godin estime que le gouvernement doit éviter d'imposer les sanctions prévues à la loi 20.

« Si on arrivait à 82 % au lieu de 85 %, on devrait attendre qu'on termine le travail. Si ce n’est pas le 31 décembre, ça va être en mars ou juin », dit M. Godin.

« Appliquer cette loi alors que tout est fait pour y arriver, je ne pense pas que ce serait responsable », ajoute-t-il.

Mais le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette ne semble pas d'humeur à un compromis à propos de cette cible de 85 %.

« Je suis surpris que circule ce questionnement, affirmait le ministre Barrette à Radio-Canada le mois dernier. Je n'ai pas l'intention de changer les paramètres convenus. Je vous rappelle qu'ils ont été négociés. »

Une position que maintenait son cabinet jeudi.

Le ministre affirme cependant être encore optimiste quant à l'atteinte de l'objectif. « Il y a des régions qui ont dépassé les 90 % », rappelle-t-il.

Au moins deux régions, le Saguenay–Lac Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent, auraient franchi ce seuil. Dans d'autres régions comme Québec, les omnipraticiens ont pris des engagements chiffrés pour atteindre la cible et vider le guichet d'accès à un médecin de famille. Par contre, c'est à Montréal et dans ses banlieues que l'atteinte de la cible semble la plus problématique.

La loi 20 prévoit que si les omnipraticiens n'arrivent pas à inscrire 85 % des patients québécois au 31 décembre 2017, des sanctions financières seraient appliquées. Celles-ci pourraient amputer jusqu'à 30 % du salaire des médecins omnipraticiens.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine