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Procès Charkaoui : le gardien de sécurité pris à partie par la défense

Pratiquement deux ans après les faits allégués, le procès d'Adil Charkaoui pour voies de fait contre un gardien de sécurité du Collège Maisonneuve est sur le point de prendre fin. Défense et poursuite n'ont toutefois pas dit leur dernier mot et ont accusé, jeudi, les témoins adverses de manquer de crédibilité.

La défense a ainsi attaqué la crédibilité du seul témoin de la Couronne, le gardien de sécurité.

Selon la version de la poursuite, le gardien se serait présenté dans une salle où M. Charkaoui et d'autres personnes, y compris son fils, jouaient au soccer. Le controversé prédicateur musulman aurait ensuite, après un échange avec le gardien, saisi l’agent de sécurité par le bras et lui aurait donné un coup d’épaule.

Des policiers se sont présentés sur place par la suite. Quelques jours plus tard, M. Charkaoui était arrêté.

En mars 2016, un mois après l'événement, M. Charkaoui avait plaidé non coupable aux accusations de voies de fait et d'agression armée qui ont été portées contre lui.

Jeudi, lors du procès, Me Richard Dubé, qui représente le prédicateur, a soutenu que le gardien a été l'artisan de ce qui s'est produit ce soir-là.

L'avocat n'a pas nié que l'agent de sécurité était en droit de se trouver dans le gymnase pour vérifier ce qui s'y passait. Il soutient par contre que le gardien a eu, dès le départ, une attitude provocatrice envers les jeunes qui s'y trouvaient.

Me Dubé a également soutenu qu'Adil Charkaoui, qui agissait comme arbitre ce soir-là, a tenté de calmer la situation, et qu'il n'y a jamais eu d'altercation entre son client et le gardien, tout au plus du tiraillage dans une porte. Me Dubé a mentionné que les policiers appelés sur les lieux n'ont pas jugé bon de pousser plus loin l'enquête.

L'accusé parle de son côté de « chasse aux sorcières », et souhaite que la justice soit « indépendante ».

La poursuite n'est pas convaincue

De son côté, la procureure de la Couronne, Aline Ramy, a noté des contradictions dans les versions des quatre jeunes hommes qui ont témoigné en défense, ainsi que dans celle d'Adil Charkaoui.

La poursuite estime ainsi que les témoignages présentés sont « exagérés ».

Selon Me Ramy, le gardien de sécurité a bel et bien été victime d'intimidation de la part des jeunes, et de voies de fait de la part du prédicateur.

La juge Guylaine Lavigne rendra sa décision dans cette affaire le 7 mars, un peu plus d'un an après le début officiel des procédures.

Pas besoin d'une journée contre l'islamophobie

Par ailleurs, M. Charkaoui dit ne pas trouver nécessaire la tenue d'une journée contre l'islamophobie au Québec, en commémoration de l'attaque contre la mosquée de Québec, l'an dernier.

Celui qui est à la tête du Collectif canadien anti-islamophobie estime que le 10 décembre, Journée des droits de l'homme, répond déjà à ce besoin.

« Pour nous, ce qui est plus important, c'est de panser les plaies », a ajouté M. Charkaoui, qui préférerait la tenue d'une campagne de sensibilisation de la part des gouvernements fédéral et provincial, ainsi qu'une loi concernant les manifestations « violentes et haineuses ».

Avec les informations de Marc Verreault

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