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Procès d'Ismaël Habib : la Couronne réclame 9 ans de prison

Ismaël Habib, reconnu coupable en juin dernier d'avoir tenté de rejoindre un groupe terroriste à l'étranger, était de retour au palais de justice de Montréal, jeudi, pour l'étape des recommandations sur la peine. La Couronne réclame 9 ans de prison, la défense propose une peine de 6 ans et demi. Le juge doit rendre sa décision le 29 septembre prochain.

Le Montréalais âgé de 29 ans risque une peine maximale de 10 ans de détention pour avoir voulu quitter le Canada pour rejoindre une organisation terroriste – il est le premier adulte au Canada à avoir subi un procès pour cette raison – et un maximum de deux ans pour avoir fait une fausse déclaration en vue d’obtenir un passeport. Il avait reconnu en mai dernier sa culpabilité sur ce second chef.

Il n'existait que deux cas de jurisprudence sur lesquels les deux parties pouvaient se baser pour suggérer la peine qui leur semble appropriée.

Dans la décision de 15 pages qu’il avait rendue le 19 juin, le juge Serge Delisle a estimé que le témoignage qu'avait livré Habib au cours de son procès comportait des contradictions qui minaient sa crédibilité.

Décision cruciale, le magistrat avait affirmé en mars dernier que les déclarations que l’accusé avait faites au début 2016 à l’occasion d’une opération de type « Mr Big » de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) étaient admissibles en preuve.

Lors d’une telle opération, des agents d'infiltration prétendent être des criminels qui cherchent à recruter un suspect. L’objectif est de gagner la confiance de l’individu pour l’amener à faire des aveux.

Dans le cas d’Ismaël Habib, des agents de la GRC se faisant passer pour des bandits lui avaient proposé de l'aider à quitter illégalement le Canada pour se rendre en Syrie, où il devait travailler pour des passeurs. En discutant avec eux, Habib avait dit vouloir rejoindre le groupe armé État islamique (EI) et parlé d’un voyage qu'il avait fait en Syrie en 2013.

À cette époque, il avait fait diverses recherches incriminantes sur le web, portant notamment sur l'EI et la géographie de la Syrie. Il regardait également des vidéos de décapitation de l'EI, d’après un témoin entendu en cour.

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