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Procès du Dr Day contre la C.-B. : vers un système de santé à deux vitesses?

Le procès du docteur Brian Day contre le gouvernement de la Colombie-Britannique s'est ouvert mardi matin à Vancouver. Les plaignants tentent de démontrer que la province va à l'encontre de la Charte canadienne des droits et libertés en ne parvenant pas à offrir certains soins de santé dans des délais raisonnables, et en empêchant indirectement les patients de se tourner vers le privé.

Le Dr Day est le cofondateur de deux cliniques privées vancouvéroises accusées d'enfreindre la loi médicale de la Colombie-Britannique, en raison d'allégations de pratiques de surfacturation et de double facturation. Le médecin se bat pour sa part contre cette loi qui empêche d'avoir recours à une assurance privée pour couvrir des frais médicaux de première nécessité.

Ce procès très attendu pourrait avoir des répercussions à l'échelle du pays.

Plusieurs groupes d'opposants étaient présents à l'ouverture, craignant la création d'un système de santé à deux vitesses. Selon Neil Naiman, un des manifestants, ce procès est une tentative d'instauration d'un système de santé à deux vitesses au Canada. « Une des choses que j'aime au Canada, c'est le système de santé », affirme-t-il.

Pour le docteur Ryan Meili, membre de l'association Médecins canadiens pour le régime public et intervenant lors du procès, le système médical public prévaut sur le système privé. « Dans un système médical privé, on court le risque de ne pas couvrir tous les besoins de la population. Les médecins risquent de passer plus de temps dans le privé, plus rémunérateur, au détriment du public », dit-il.

Il conclut en affirmant qu'il faut investir et améliorer le système public plutôt que de privilégier le secteur privé.

Jasmin Guénette, vice-président de l'Institut économique de Montréal, ne partage pas cet avis. Pour lui, ce procès est révélateur des failles du système de santé actuel. « C'est dommage d'être obligé de se rendre devant les tribunaux pour se faire entendre et prouver que des changements sont possibles et souhaitables pour les patients », dit-il.

Il explique que le Canada devrait étudier les systèmes de santé de certains pays européens comme l'Allemagne, la France et la Suède, où le temps d'attente est raisonnable et où le secteur privé collabore étroitement avec les hôpitaux publics dans l'intérêt des patients.

Selon lui, trois réformes du système de santé sont nécessaires : la mise en place d'un système de financement des hôpitaux basé sur l'activité et non pas l'octroi d'une enveloppe globale, autoriser les assurances privées et permettre aux médecins du secteur hospitalier d'alterner entre public et privé.

Le procès du Dr Day devrait durer entre quatre et six mois.

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