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Procès Ghomeshi : les parties se contenteront des écrits du dernier témoin

Le procès de Jian Ghomeshi reprendra mercredi, après la décision du juge mardi d'autoriser le témoignage d'une quatrième personne vivant à Halifax. Ce témoin corroborerait la version de Lucy de Coutere, selon la Couronne. 

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Les deux parties ont néanmoins convenu de se contenter des déclarations de cette femme à la police en raison de la tempête de neige en Atlantique.

Jian Ghomeshi est accusé d'avoir agressé sexuellement trois femmes et d'avoir vaincu la résistance de l'une d'elles par l'étouffement. Le Torontois de 48 ans a plaidé non coupable à tous les chefs d'accusation.

Un interdit de publication nous empêche d'identifier la femme que la Couronne a d'abord tenté de faire venir en personne pour témoigner dans ce procès. Dans ses arguments au juge, elle explique qu'elle cherche à corroborer les allégations de la deuxième plaignante, l'actrice Lucy DeCoutere, au sujet de ce qu'elle dit avoir enduré chez Jian Ghomeshi en juillet 2003 à Toronto.

La comédienne soutient qu'elle a été étranglée et giflée lors d'un baiser au domicile de l'ancien animateur de CBC. Le Procureur Michael Callaghan soutient que le témoignage de ce témoin est « très pertinent », parce qu'il prouve que Mme DeCoutere a bien été agressée sexuellement et qu'elle le lui a répété quelques mois plus tard.

La Couronne a expliqué mardi matin que le témoin avait été voir la police de Halifax, il y a plus de dix ans, pour lui dire que son amie Lucy DeCoutere avait été agressée. L'actrice l'avait appelée 11 jours plus tôt selon le Procureur. La déposition de cette amie ne semble toutefois n'avoir rien donné, puisque la police n'avait déposé aucune accusation à l'époque contre Jian Ghomeshi.

Les deux femmes dont l'amitié est avérée s'étaient échangé des messages sur Facebook à propos de la présumée agression. Lucy DeCoutere avait finalement porté plainte en 2014 à la police de Toronto.

Décision du juge

Selon la Couronne, ces déclarations et ces messages appuient le témoignage de l'actrice et réfutent les allégations de la défense, selon lesquelles la plaignante a participé dans une collusion contre l'accusé.

La défense, qui s'opposait à l'intervention de ce nouveau témoin, croit au contraire que Lucy DeCoutere a menti à son amie et que l'agression ne s'est jamais produite. La défense avait en outre expliqué qu'il ne servait à rien de faire venir ce témoin en Ontario, parce que « cela ne ferait que prolonger le procès inutilement ».

Le magistrat a acquiescé à la demande de la Couronne en expliquant que la comparution de ce témoin constitue la seule façon « sécuritaire » d'entendre ce qu'elle a à dire et de « décider si son témoignage est valide ou non ». Le juge reconnaît que cette façon de faire est une exception à la règle, mais qu'il est nécessaire d'entendre le témoin en question pour écarter toute idée de collusion entre les deux femmes, comme le prétend la défense.

En raison de la tempête en Atlantique, les deux parties ont toutefois convenu avec le consentement du juge de se contenter des déclarations de ce témoin à la police et des messages qu'elle a écrits à la plaignante sur Facebook.

Les écrits de ce témoin ne seront toutefois pas abordés avant jeudi, puisque les deux parties veulent discuter mercredi des modalités du calendrier des plaidoiries à venir.

On s'attend à ce que la Couronne commence à présenter ses arguments finaux jeudi avant que la défense en fasse de même.

L'avocate de Jian Ghomeshi a par ailleurs laissé entendre pour la première fois dans ce procès qu'elle ne comptait pas appeler son client à la barre des témoins.

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