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Procès Ghomeshi : une première plaignante témoigne

La défense de Jian Ghomeshi a commencé à contre-interroger lundi après-midi la première plaignante au procès de l'ancienne vedette de la CBC après son témoignage en avant-midi. La femme de 53 ans, qu'on ne peut nommer en vertu d'un interdit de publication, a eu maille à partir avec l'avocate Marie Henein.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

La défense de Jian Ghomeshi laisse entendre que la plaignante a des souvenirs vagues des événements qu'elle a vécus à l'hiver 2002-2003, si ce n'est pas parfois des trous de mémoire ou des omissions de détails importants dans son témoignage. Me Henein laisse même entendre qu'elle a fabriqué certaines parties des événements qu'elle raconte à la cour.

La plaignante admet qu'elle envisageait d'amorcer une relation avec Jian Ghomeshi qu'elle connaissait par personne interposée. À l'époque, elle est âgée de 41 ans, elle a deux enfants en bas âge, mais elle est en instance de divorce avec leur père. « Il est un parfait gentleman », explique-t-elle en parlant de Jian Ghomeshi qui « ouvre les portes aux dames ».

Une première rencontre en privé

La femme avait livré en avant-midi son témoignage contre M. Ghomeshi, en faisant référence à deux événements qu'elle avait vécus dans sa voiture et à son domicile. Elle affirme qu'elle a rencontré Jian Ghomeshi une première fois à la CBC, où elle était serveuse-traiteur lors d'une soirée de fin d'année en décembre 2002. « Il n'arrêtait pas de flirter avec moi », se souvient-elle, en précisant que c'était réciproque.

Elle a témoigné qu'elle a accepté de le revoir lors d'un enregistrement quelques jours plus tard, à la CBC, puis dans un bar. Elle le décrit comme étant « intelligent », « amusant », « galant » et « séduisant ». « Nous nous amusions beaucoup, souligne-t-elle, en faisant allusion aux moments passés ensemble dans le bar.

La plaignante ajoute qu'elle l'a raccompagné cette nuit-là à sa voiture stationnée tout près avant de se séparer. Elle admet qu'ils se sont d'abord assis un moment dans sa voiture, parce qu'il ne faisait pas beau dehors.

La plaignante ajoute qu'il lui a alors soudainement pris la tête par l'arrière en lui tirant les cheveux vers le bas. « Je me disais dans ma tête que cela me faisait mal », poursuit-elle. Elle ajoute toutefois qu'il a arrêté et qu'il lui a demandé si elle aimait cela, ce à quoi elle a répondu non.

Un autre accès de rage présumé

La présumée victime a précisé qu'ils se sont néanmoins laissés en s'embrassant, mais qu'elle a accepté de le revoir malgré cet événement. Ils se sont donc revus au début de l'année 2003. Elle explique qu'elle est allée chez Jian Ghomeshi, qu'ils discutaient en prenant un verre et qu'ils s'embrassaient sur le divan de son salon.

« Il m'a alors pris les cheveux encore une fois, mais de façon beaucoup plus violente, en me frappant cette fois la tête avec son poing. » Elle assure qu'elle était terrifiée, qu'elle pleurait et qu'elle ne comprenait pas cet « accès soudain de rage », parce qu'elle le trouvait « si gentil ».

« Il m'a alors jetée à la rue comme une traînée en appelant un taxi », conclut-elle. La femme explique qu'elle est allée chez une amie et qu'elle était déconcertée et anéantie par ce qu'il venait de lui arriver.

Un mutisme long de 12 ans

La plaignante explique qu'elle n'a pas immédiatement appelé la police à l'époque, parce qu'elle pensait que personne ne l'écouterait. « J'étais contrariée », dit-elle. Elle ajoute qu'une conférence de presse de l'ex-chef de police, Bill Blair, au sujet d'un appel aux femmes victimes de violence l'a motivée à le faire.

Elle reconnaît toutefois qu'elle a contacté les médias avant la police, mais « sans tout raconter en détail. Elle confirme en outre qu'elle a rencontré par la suite l'une des deux autres plaignantes dans cette affaire, mais qu'elles n'ont pas parlé de leur expérience commune avec M. Ghomeshi de façon approfondie.

La défense s'en est prise d'ailleurs aux différentes versions des faits reprochés que la plaignante raconte à la barre. Me Henein a attaqué sa crédibilité en relevant des incohérences entre ce qu'elle dit à la barre et ce qu'elle a dit aux détectives le 1er novembre 2014 et aux médias avant et après sa déposition au poste de police.

À la suite de ce contre-interrogatoire serré, la présumée victime a semblé être sur le point de craquer. « Il m'est très difficile de témoigner, dit-elle, tout est nouveau pour moi et il n'y a personne pour me conseiller. »

Voici un retour des évènements



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