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Procès SharQc : la Couronne voudrait appeler 300 témoins à la barre

Le procès SharQc, longuement attendu, a finalement commencé lundi. La Couronne a laissé entendre qu'elle pourrait appeler à la barre pas moins de 300 témoins, dont deux témoins clés. 

Le procès a débuté vers 11 h 30 avec les directives du juge aux jurés, qui n'ont pas le droit de parler du procès, de faire des recherches sur les faits reprochés ou de considérer d'autres éléments que la preuve qui leur sera présentée en cour.

Un calendrier de deux ans leur a été remis. Les jurés devront se prononcer sur 34 chefs d'accusation, dont des accusations de meurtre et de complot pour meurtre, qui visent Yvon Tanguay, Claude Berger, François Vachon, Sylvain Vachon et Michel Vallières, tous membres des Hells Angels de la section de Sherbrooke.

Selon la Couronne, ces cinq hommes ont participé à la guerre des motards entre 1994 et 2002 pour agrandir le territoire des Hells Angels et contrôler le trafic de drogue. 

La déclaration d'ouverture de la Couronne a justement servi à expliquer aux jurés ce qu'était la guerre de motards, ainsi qu'à préparer les jurés à deux témoignages clés qui auront lieu durant le procès, ceux de Sylvain Boulanger et Dave Fredette.

Le premier, un délateur, a obtenu l'immunité et une somme de 3 millions de dollars et le deuxième, qui a plaidé coupable, purge une peine d'emprisonnement.

En fin d'après-midi, c'était au tour des avocats des accusés de donner leurs directives. Ils ont demandé aux jurés de ne pas se laisser impressionner par les témoins de la Couronne et de ne pas tirer de conclusions hâtives en soulignant qu'il s'agissait d'un procès pour des individus, et non pas pour les Hells Angels. 

Une enquête ambitieuse

L'opération SharQc, menée en avril 2009, était le résultat de trois ans et demi d'enquête des diverses escouades régionales mixtes sous l'égide de la Sûreté du Québec. L'objectif était de déstabiliser l'organisation pour plusieurs années en procédant à des arrestations massives.

La juge à la retraite Suzanne Coupal rappelle que « c'était la première fois qu'on essayait de s'attaquer à un groupe au complet, de le faire disparaître. »

L'opération a permis de porter des accusations de gangstérisme, de trafic de drogue, de complot pour meurtre et de meurtre contre 156 personnes identifiées comme étant membres des Hells Angels ou comme étant reliées à l'organisation. 

De mégaprocès à procès pour cinq personnes

Depuis, les accusations de gangstérisme et de trafic de drogue ont été abandonnées par ordre de la cour.

La plupart des accusés ont par ailleurs plaidé coupables à des accusations réduites de complot pour meurtre et de meurtre. Trois d'entre eux sont morts et huit sont toujours recherchés par la police.

Vendredi, l'accusé Emery Martin a été condamné à 15 ans de prison. Il a toutefois pu quitter sa cellule parce qu'il a déjà purgé l'équivalent de sa peine en détention préventive.

Il ne reste finalement que cinq accusés à subir le procès qui commence lundi, après avoir été reporté la semaine dernière en raison du désistement d'un juré. Les procédures doivent durer de 12 à 18 mois.

Deux autres accusés subiront un procès séparé en anglais, en 2017.

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