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Protection de l'eau potable : Québec dit non à 230 municipalités

Québec refuse aux municipalités le droit d'aller au-delà de la loi qui protège les sources d'eau potable lors de forages gazier ou pétrolier. Austin, en Estrie, tout comme 230 autres municipalités québécoises, souhaitait que le gouvernement Couillard accepte qu'il soit possible de refuser tout forage à moins de 2 kilomètres des sources d'eau potable. L'actuel règlement n'impose qu'une limite de 500 mètres.

Le gouvernement demande aux municipalités de justifier cette dérogation par des études. La mairesse d'Austin, Lisette Maillé, s'explique mal ce refus, d'autant plus que la loi ne demande pas cette nouvelle contrainte.

« Il y a beaucoup d'études scientifiques qui ont été faites dans le monde qui affirment qu'une distance de 500 mètres, c'est nettement insuffisant et qu'une distance de 2 kilomètres, c'est le minimum. Pourquoi chaque municipalité devrait individuellement faire ses propres études, quand il y a de grandes études qui ont été faites qui le prouvent? Les petites et grandes municipalités n'ont pas les ressources pour faire ce genre d'étude et, de toute façon, ce serait superflu », dit-elle.

Ce n'est pas la première fois qu'une coalition de municipalités fait front commun dans ce dossier. En 2015, 253 municipalités avaient demandé une dérogation au Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP), adopté par Québec en août 2014.

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a d'ailleurs recommandé au gouvernement, dans un rapport déposé en décembre 2014 sur la fracturation hydraulique, l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, de revoir ses normes parce qu'il les jugeait inappropriées.

Les municipalités ont l'intention de continuer à faire pression sur Québec. Une demande commune de dérogation, regroupant 300 municipalités, sera déposée au cours du mois de septembre.

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