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Qu'en est-il d'Attawapiskat, un an après avoir déclaré l'état d'urgence?

Le 9 avril 2016, 11 personnes ont tenté de s'enlever la vie dans la communauté crie d'Attawapiskat, ce petit village isolé du Nord de l'Ontario. Devant cette grave crise de suicides, le chef Bruce Shisheesh avait déclaré l'état d'urgence, pour lancer un appel à l'aide. Un an plus tard, des politiciens craignent que cela n'ait été qu'un coup d'épée dans l'eau.

Un texte de Natacha Lavigne

« La réponse des Canadiens a été incroyable. Malheureusement, celle du gouvernement fédéral n’était pas crédible. La situation actuelle est donc statu quo », se désole le député néo-démocrate pour Timmins-Baie James, Charlie Angus.

Attawapiskat, situé au bord de la baie James, compte environ 2000 habitants. De septembre 2015 à avril 2016, il y aurait eu 86 tentatives de suicide recensées, sans compter le pacte de suicide scellé par 13 jeunes de la communauté et empêché quelques jours plus tard.

« C’est encore une crise »

Depuis, des agences comme l’Autorité de santé Weeneebayko à Moose Factory ou Santé Canada ont débloqué des ressources supplémentaires pour leur venir en aide.

L’été dernier, Ottawa a octroyé 69 millions de dollars sur une période de trois ans pour la création d’équipes d’intervention d’urgence en santé mentale, dont 5 millions étaient destinés aux Premières Nations du Nord de l’Ontario.

Le député Charlie Angus admet que les discours entourant cette crise ont été « historiques » aux Communes, mais souligne que peu de choses ont réellement changé depuis.

« Le résultat est clair : les crises de suicide dans les communautés autochtones continuent. Il y en aura d'autres comme celle d'Attawapiskat, ailleurs au Canada », de conclure ce dernier.

La source du problème

Bien qu’elle demeure « très précaire et très fragile », la situation s’est légèrement améliorée, croit le député provincial de Timmins-Baie James, Gilles Bisson. Cependant, il implore les différents ordres de gouvernement de se rendre « à la base du problème », qui est l’économie.

« Quand tu regardes à la télévision et que les gens sont beaux, ont tous des voitures et de l’argent et que toi tu vis dans une maison aux côtés de 25 autres personnes, dans une communauté où il n’y a pas d’espoir et où l’indice de pauvreté est haut et l’infrastructure est faible… Tout ça retombe sur les épaules des jeunes! » dit-il.

Plus tôt en mars, le chef Bruce Shisheesh a dénoncé sur son compte Twitter le fait que les Premières Nations soient laissées à elles-mêmes. Il affirme n'avoir reçu ni les ressources ni l’aide en santé mentale nécessaires.

*En collaboration avec Julie-Anne Lamoureux et Stephany Laperrière

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