Retour

Quand le traumatisme frappe trop fort, l'autre ravage du feu de Fort McMurray

L'évacuation dans les flammes, la perte de sa maison, l'instabilité des dernières semaines, et le retour prévu la semaine prochaine ont fait flancher le système nerveux de Sandra Legacy. Un médecin a diagnostiqué qu'elle souffre du syndrome de stress post-traumatique. Et le quart des évacués de Fort McMurray pourraient en souffrir.

Un texte de Sylvain Bascaron

Pourtant, au lendemain de l'évacuation tout semblait bien aller. « C'est juste une maison. C'est des affaires qui se remplacent », nous avait-elle confié le 4 mai. Mais depuis, elle a pu aller voir, en ligne, l'état de sa maison avant, et après le passage du feu dans son quartier.

Le 4 juin, précisément un mois après notre première rencontre, elle rentrera à Fort McMurray, pour constater les dégâts en personne.

Les pertes qu'elle a subies semblent soudainement plus importantes. « Je pense à des affaires que j'avais dans la maison comme les bijoux de ma mère qu'elle m'a donnés, les bijoux que mon mari m'a donnés et les affaires que mes petits enfants ont faites avec leurs propres mains », dit-elle en sanglots. 

Sandra connaît bien la dépression, elle en a souffert auparavant. Elle en a reconnu les signes rapidement. « Mentalement c'est très difficile. Je passe des journées où j'aimerais juste me coucher et dormir jusqu'à ce que tout soit normal, mais ce n'est pas possible. Quand je ferme les yeux, je vois encore les flammes. Je pleure sans raison... La joie de vivre est partie » , affirme-t-elle.

Les diagnostics de dépression et de syndrome de stress post-traumatique ont été établis rapidement par le médecin de Sandra.

François Roy est un psychologue expert du trauma. Pour lui, il n'y a aucun doute, les événements subis par les évacués de Fort McMurray ont toute l'ampleur d'un traumatisme qui, selon lui, se définit comme « la crainte de mourir, la crainte qu'une personne se fasse trop mal, ou qu'elle ne meure ».

Le psychologue ajoute que « les recherches démontrent que jusqu'à un quart des personnes évacuées vont se retrouver avec un syndrome de stress post-traumatique, et jusqu'à un tiers, avec un trouble de dépression ».

La province est consciente que la demande de services en santé mentale sera élevée au cours des prochaines semaines et des prochains mois à Fort McMurray. Elle aura des professionnels en place pour aider les évacués, et met à leur disposition deux lignes d'aide téléphonique.

La ligne d'aide en santé mentale est le 1-877-303-2642, et il y a toujours HealthLink, au 811.

Feu de forêt à Fort McMurray

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine