La maison d'un résident de la Montérégie s'enfonce dans l'argile. Il avait pourtant fait tester le sol avant d'acheter la propriété et refuse de débourser 50 000 $ pour les travaux. Il n'aura finalement pas à payer la facture! 

Un texte d'Yvan Lamontagne à La facture

En 2006, André Brodeur et sa conjointe décident de s'établir à Saint-Amable, une municipalité de 12 000 habitants. Ils avaient déjà entendu parler du sol argileux de cette région.

Ils choisissent une grande maison, construite en 2003. Avant de l'acheter, ils ont voulu savoir si le sol pouvait soutenir une demeure aussi lourde. Leur courtier immobilier commande donc une expertise géotechnique auprès de la compagnie Technisol, qui s'appelle aujourd'hui LVM.

Leur maison s'affaisse lentement dans l'argile, et les dommages sont considérables. Des portes ferment toutes seules, d'autres ne ferment plus, l'escalier travaille et le bois se déforme. Plus rien n'est au niveau et la détérioration des murs s'accentue.

La maison des Brodeur. Photo : ICI Radio-Canada

50 000 $ pour redresser la maison

Selon les calculs de l'ingénieur-conseil Pierre Gosselin, qui évalue les dégâts chez les Brodeur depuis quelques années, le degré d'affaissement de la maison a presque triplé en quatre ans. Il se situe aujourd'hui à plus de 2,5 pouces (plus de 6 centimètres), ce qui est sous les normes permises. Pourtant, l'étude de sol effectuée en 2006 prévoyait un risque d'affaissement maximal d'un pouce (2,5 centimètres).

L'unique façon de régler le problème, c'est d'installer des pieux pour stabiliser les fondations.

L'ingénieur-conseil Pierre Gosselin montre les problèmes causés par l'affaissement de la maison. Photo : ICI Radio-Canada

LVM ne partage pas le même avis qu'André Brodeur. La compagnie refuse de payer les 50 000 $ nécessaires à l'installation de pieux. En 2013, LVM a pourtant offert de payer 10 000 $, soit le cinquième du montant. M. Brodeur précise qu'elle voulait partager la facture avec l'ancien propriétaire, le propriétaire actuel et son courtier immobilier, Robert Binet.

Le courtier se dégage de toute responsabilité. « Je trouve ça absurde. C'est illogique. Si vous engagez des professionnels pour analyser la situation, c'est justement pour ne pas avoir ce problème », fait remarquer Robert Binet.

Les dirigeants de LVM ont refusé de nous accorder une entrevue devant la caméra. Ils ont toutefois précisé au téléphone qu'ils poursuivaient les discussions avec André Brodeur.

Heureux dénouement

Le 16 avril 2015, LVM est revenue sur sa décision. Elle a fait savoir à André Brodeur qu'elle lui versait 50 000 $ pour stabiliser sa maison avec des pieux. Cette belle surprise lui a permis d'économiser du temps et des milliers de dollars en évitant les tribunaux.

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