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Quand un athlète est ovationné même s'il est dernier

Au fil d'arrivée, des athlètes regardent leur chrono respectif au terme de leur course. Toutefois, un athlète n'a toujours pas bouclé la distance et poursuit son chemin. La foule se lève d'un bond pour l'encourager. L'histoire de Gideon Nasilowski, surnommé « le Namibien amphibien », mérite toute l'attention du monde.

Un texte d'Alexandre Couture

Quand l'athlète de 31 ans s'est élancé dans la piscine paralympique mardi pour le 50 m libre, non seulement il réécrivait l'histoire, mais les spectateurs étaient témoins de la détermination sans limites de ce para-athlète.

Il a fini bon dernier, à près de 36 secondes de l'avant-dernier nageur. Son résultat peut paraître décevant, mais c'est en fait une victoire en soi pour le principal intéressé.

« Le résultat n'est pas parfait, je me concentrais surtout pour ne pas être disqualifié, a-t-il confié à Radio-Canada au lendemain de sa course. Maintenant, je peux dire que je suis le premier nageur paralympique namibien, je suis entré dans l'histoire, je suis tellement fier de moi. »

Il a pris le 11e et dernier rang de cette course qui regroupe les nageurs qui ont les handicaps les plus graves. Lorsqu'on lui rappelle son classement final, Nasilowski étonne par son positivisme spontané.

« Je suis le 11e nageur paralympique du monde, je peux vivre avec ça », laisse-t-il tomber.

Les derniers mètres de la course se sont faits sous les applaudissements des spectateurs qui ont encouragé le Namibien à pousser jusqu'à la toute fin.

Un parcours inspirant

L'histoire qui l'a mené à Rio est surprenante, même pour les Jeux paralympiques qui regorgent de belles histoires.

Il est né à Windhoek, en Namibie, au début des années 1980 avec de l'arthrogrypose, un état qui ne lui permet pas de bouger les muscles comme il le voudrait.

Les médecins ont conseillé à sa mère de le placer dans une institution, mais celle-ci a refusé. Elle était bien déterminée à élever son fils comme tous les autres.

Lorsque Gideon Nasilowski a touché le mur à la fin de la course, ses premières pensées ont été pour elle, la femme la plus importante de sa vie.

Le déclic sportif s'est fait en 2008 lorsqu'il a vu son compatriote Reginald Benade gagner la première médaille paralympique de l'histoire de son pays.

Il s'est mis à l'entraînement intensif par la suite et a réussi à se qualifier in extremis pour les Championnats du monde de l'IPC à Montréal en 2013. À 28 ans, il devenait le premier nageur namibien de l'histoire à participer à une compétition internationale.

« Lorsque j'ai eu la confirmation de ma présence à Montréal, mon corps tremblait et je ne pouvais pas arrêter de pleurer », se souvient-il.

Depuis cette compétition mémorable, Gideon Nasilowski n'a plus jamais hésité. Sa participation aux Jeux paralympiques de Rio est la conclusion d'un chapitre bien rempli, mais sans aucun doute le début d'un autre, tout aussi passionnant.

« J'aimerais faire des conférences partout dans le monde et récolter de l'argent pour fonder une école de natation en Namibie », conclut-il.

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