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Quatre morts dans un attentat-suicide au coeur d'Istanbul

Un attentat-suicide a frappé samedi matin le centre d'Istanbul, faisant au moins 4 morts et 36 blessés. Les premiers éléments orientent l'enquête sur la piste des séparatistes kurdes ou sur celle de l'État islamique (EI).

L'explosion s'est produite rue piétonnière Istiklal, principale artère commerçante de la partie européenne de la ville, bordée d'enseignes internationales et de consulats.

Selon un bilan communiqué par le ministre de la Santé, 7 des 36 blessés se trouvent dans un état grave.

Le ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré que deux Israéliens, qui ont également la nationalité américaine, étaient morts dans l'attentat, et un responsable turc a indiqué qu'un des morts était iranien.

Les autorités israéliennes ont déclaré d'autre part que 11 Israéliens figuraient parmi les blessés, et l'Irlande a dit qu'« un certain nombre » de ses ressortissants avaient été blessés dans l'attentat.

Selon des éléments recueillis sur les lieux de l'attaque, le kamikaze appartenait soit à l'EI, soit au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ont dit des responsables turcs.

À Jérusalem, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a dit que « selon des informations, l'attentat est l'oeuvre d'un membre de l'EI, mais c'est une information
préliminaire, nous nous employons à la vérifier ».

Le kamikaze visait une autre cible, plus fréquentée, mais a été stoppé par la police et a activé sa charge « sous le coup de la peur », a dit une source.

Quatrième attentat depuis le début de l'année

Les séparatistes kurdes, toujours selon ce responsable, préparent d'autres attentats pour les fêtes de Nevruz, le nouvel an kurde qui sera célébré lundi et a coïncidé dans le passé avec une résurgence des opérations armées du PKK.

C'est la deuxième fois en deux mois qu'Istanbul est la cible d'un attentat suicide : le 12 janvier, un kamikaze avait frappé le quartier touristique de Sultanahmet, faisant une dizaine de morts, principalement des touristes allemands. Les autorités turques avaient imputé l'attaque à l'EI.

La capitale, Ankara, a également été secouée par deux attentats ces dernières semaines. Le 13 mars dernier, 37 personnes ont péri dans un attentat à la voiture piégée. Le 17 février, une attaque similaire avait fait 29 morts. Ces deux attentats ont été revendiqués par les Faucons de la liberté au Kurdistan (TAK), un groupe dissident du PKK.

Pour le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, il s'agit là d'un acte « inhumain » et la Turquie va continuer à lutter contre les « centres du terrorisme ».

Samedi matin, la rue Istiklal était moins fréquentée qu'à l'accoutumée, les autorités ayant alerté la population sur les menaces pesant contre la sécurité. Un des deux ponts sur le Bosphore à Istanbul avait été brièvement fermé à la circulation mardi dernier en raison de la présence d'un véhicule suspect.

« Mon principal appel à nos citoyens est que nous devons être attentifs, vigilants et en alerte sans pour autant céder à la panique », déclarait mercredi le gouverneur Sahin, cité par l'agence Anadolu.

En France, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a condamné un « acte odieux et lâche » et exprimé « la solidarité de la France avec la Turquie et le peuple turc dans la lutte contre le terrorisme. »

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