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Que faire pour aider les réfugiés que le Canada s'apprête à accueillir?

S'ils sont toujours dans l'attente d'informations concrètes de la part du gouvernement canadien, plusieurs organismes communautaires se préparent à recevoir et accueillir les réfugiés syriens. Mais que peuvent faire les citoyens qui souhaitent apporter leur aide?

Un texte de Johanne Lapierre

En réalité, bien que de nombreux organismes tentent déjà de mettre en place des mesures pour aider ces réfugiés à venir, beaucoup en sont encore au stade de l'organisation. De plus, ils ont parfois peine à évaluer leurs besoins, puisqu'ils sont toujours en attente de chiffres précis de la part des gouvernements.

Stephane Rechhold, directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, affirme qu'actuellement, il a de la difficulté à gérer toutes les offres de bénévolat. « Je reçois au moins 15 à 20 courriels par jour de gens qui veulent faire du bénévolat. On ne sait pas encore vers où les diriger. On est en train d'organiser ça aussi », affirme-t-il.

Le tout est visiblement toujours en train de se mettre en place : des façons plus concrètes d'aider seront certainement mises de l'avant dans les prochaines semaines. Entre-temps, voici quelques pistes pour les gens qui souhaitent faire des dons ou s'impliquer.

Les besoins organismes communautaires

À Action réfugiés Montréal, le directeur Paul Clarke dit recevoir plusieurs demandes par jour de gens qui souhaitent apporter leur aide, d'une façon ou d'une autre, aux réfugiés à venir.

Certains veulent faire du bénévolat, d'autres veulent donner des vêtements. L'organisme, qui vient en aide à des réfugiés à longueur d'année, avait lancé un appel pour recevoir des manteaux sur Facebook. Cet appel n'était pas lié à l'arrivée des réfugiés syriens au pays, mais simplement pour répondre à la demande normale de l'organisme.

Or, ils en reçoivent depuis plusieurs chaque jour, et n'ont pas nécessairement la capacité d'en recevoir un très grand nombre. Encore moins de recevoir, par exemple, des meubles. M. Clarke affirme toutefois que le Conseil syro-canadien a à sa disposition un entrepôt pour recevoir des dons.

Lida Aghasi, directrice générale du Centre social d'aide aux immigrants (CSAI), à Montréal, dit elle aussi recevoir beaucoup de demandes de la part de citoyens qui souhaitent apporter leur aide. Certains proposent aussi de donner des vêtements chauds pour l'hiver, mais d'autres offrent leurs services comme interprètes.

Mais concrètement, quel type de bénévole un organisme comme le CSAI recherche-t-il? « Nous avons besoin de gens qui ont travaillé dans le domaine de relation d'aide, qui ont déjà fait de l'intervention auprès de réfugiés, des immigrants, qui connaissent les traumatismes psychologiques que ces gens ont vécus », dit-elle.

Outre ces bénévoles qualifiés, Mme Aghasi précise que son organisme aura besoin d'aide pour les nombreux déménagements à venir. « S'il y a des gens qui veulent nous aider avec les déménagements, s'ils ont des autos, ça aussi, ce serait apprécié. »

Le Centre social d'aide aux immigrants travaille également à préparer une liste de logements pour les réfugiés. Ils ont déjà une liste de contacts avec des propriétaires pour orienter la moyenne de 150 personnes qu'ils aident chaque année dans leurs recherches. Mais si la demande grimpe, par exemple, à 600 réfugiés, ils devront trouver de nouveaux propriétaires prêts à mettre des logements à leur disposition.

De façon générale, Lida Aghasi précise qu'une certaine sélection des candidats au bénévolat est faite par l'organisme, et que les gens qui souhaitent travailler avec les réfugiés dans son organisme sont formés.

Elle ajoute qu'il est très important de ne pas apporter des jugements de valeur envers les réfugiés. « Nous avons nos propres bénévoles qui jouent le rôle d'interprète aussi. La plupart du temps, ce sont nos ex-réfugiés, qui ont déjà là, qui sont passés par le même processus. »

Elle précise toutefois que les gens qui se sont manifestés pour faire du bénévolat ne doivent pas être froissés s'ils ne reçoivent pas d'appel immédiatement. « Ce n'est pas parce qu'on n'apprécie pas l'aide de ces gens-là qu'on ne les appelle pas, c'est très important que les gens nous appellent, et qu'on puisse avoir leur nom dans notre banque de bénévoles, parce qu'à un moment donné, on aura besoin de tout le monde. Actuellement, je ne suis pas vraiment capable de dire quel nombre, et pour quelle raison, et pour quel genre d'aide on aura besoin. »

Au total, 13 villes québécoises doivent recevoir des réfugiés. Plusieurs organismes s'organisent donc aussi en région, comme à Sherbrooke et à Trois-Rivières

Faire un don

Outre des dons à des organismes locaux d'aide aux réfugiés, diverses organisations recueillent des dons d'une façon plus large pour faire face à la crise des réfugiés.

Chez la Croix-Rouge canadienne, on attend toujours la teneur exacte des demandes du gouvernement fédéral pour recevoir les réfugiés au Canada. Ainsi, aucune demande n'est pour l'instant faite auprès de la population spécifiquement pour des dons qui serviront à l'accueil des réfugiés au pays.

La Croix-Rouge demande toutefois des dons pour venir en aide aux réfugiés en Europe, tout comme une coalition humanitaire regroupant des organismes comme Oxfam Québec. Jusqu'au 31 décembre, le gouvernement canadien double chaque dollar versé par les Canadiens pour l'aide aux réfugiés auprès de ces organismes.

Le Programme alimentaire mondial de l'ONU a de son côté lancé dans les derniers jours une application qui vous permet de « donner un repas » à un enfant réfugié syrien en Jordanie.

Les demandes de parrainage

Deux types de parrainage existent pour faire venir des réfugiés au Canada : gouvernemental et privé. Il n'est pas encore clair si l'ensemble des 25 000 réfugiés qui doivent arriver au pays avant la fin de l'année seront tous parrainés par l'État.

Si c'est ce qu'avaient initialement promis les libéraux, le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, a déclaré jeudi qu'ils seront issus à la fois de parrainages privés et par l'État.

Néanmoins, la médiatisation de la crise des réfugiés au cours des derniers mois et l'arrivée imminente de réfugiés parrainés par l'État ont ravivé les demandes de parrainages privés. Des organismes à but non lucratif peuvent devenir parrains, ou encore des groupes de deux à cinq personnes. Une combinaison d'un citoyen et d'un organisme peut également parrainer un ou des réfugiés.

Chez Action réfugiés Montréal, on réalise régulièrement des sessions d'informations sur le parrainage, et le parrainage de groupe. Le nombre de personnes qui souhaitent parrainer des réfugiés, depuis septembre, ne cesse de croître : l'organisme compte maintenant plus de 300 noms en attente.

Les parrains ont plusieurs responsabilités, soit de faciliter l'établissement des réfugiés, de les aider dans l'apprentissage du français, de les soutenir dans leur recherche d'emploi, et de contribuer à leur intégration à la vie québécoise.

Ils devront également être en mesure d'assumer les dépenses de logement, d'ameublement, de nourriture et de vêtements pour une période d'un an.

Pour un adulte, le montant est évalué à quelque 12 000 $; pour une famille de deux adultes et deux enfants, la somme dépasse les 21 000 $. Il va donc de soi que tous ne peuvent assumer de telles dépenses, et que des vérifications financières sont effectuées.

Au Canada, les demandes doivent passer par Citoyenneté et Immigration Canada. Le Québec a son propre processus de parrainage de réfugiés.

Avec des informations de Michel Marsolais

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