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Que fait le gouvernement Trudeau pour protéger les industries culturelles?

ANALYSE - C'est à la fin de septembre que la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly présentera sa « vision » pour l'avenir de la production culturelle au Canada. Elle parlera d'exporter les succès canadiens et elle va répéter qu'elle veut conclure des ententes avec les géants contemporains qui, aujourd'hui, produisent, diffusent et engrangent la majorité des revenus publicitaires, soit Facebook, Google, Spotify, Netflix et Amazon.

Les artistes, les créateurs, les producteurs, les diffuseurs, les propriétaires de maisons de disques, les cinéastes, les artisans de la culture au Québec et dans l’ensemble du Canada sont profondément inquiets. Ils réclament de réelles politiques à Ottawa pour améliorer la diffusion et la visibilité des produits culturels de chez nous, pour s’assurer que les créateurs soient rémunérés correctement.

Une coalition représentant des associations, des artistans et des artistes a lancé un manifeste réclamant des solutions financières de la part des gouvernements.

La réalité, c’est qu’en ce moment, on a l’impression qu’on a totalement perdu le contrôle. Google et Facebook dominent le marché publicitaire, la TVQ et la TPS ne sont pas toujours payées, Netflix et compagnie ne contribuent pas au financement de la production canadienne, bref le modèle d’affaires en musique et en télé est complètement ébranlé.

On a l'impression que les gouvernements sont dépassés par les événements, incapables de taxer tout ce qui est vendu sur Google ou Amazon, incapables de s'assurer aussi que Netflix, Google, Facebook contribuent à la production au Canada. Comment expliquer que nos politiques fiscales ne soient pas adaptées à l'économie numérique?

Dématérialisation

Il n’y a plus de cassettes ni de CD, et de moins en moins de DVD. Il n’y a donc plus de supports matériels à taxer à la frontière. L’économie culturelle est dématérialisée, mais les produits continuent de circuler. Si vous achetez un livre sur Amazon, un album sur iTunes ou un film sur Netflix, il est bien possible que vous ne payiez pas les taxes.

Contrairement à Radio-Canada, à Québecor et à d’autres grands diffuseurs québécois et canadiens, il est clair que ces fournisseurs américains ne contribuent pas au Fonds canadien des médias pour aider à la production de contenus canadiens.

Faut-il se battre contre Google, Facebook, Netflix, Amazon et Spotifiy? Faut-il travailler avec eux pour que les contenus canadiens soient mieux financés et mieux diffusés? Faut-il les taxer? Faut-il négocier la place des fournisseurs américains dans le cadre de l’ALENA? Est-ce que Netflix devrait produire des séries au Québec et au Canada, comme elle a fait en France, notamment avec la série Marseille?

Amazon québécois?

Pourquoi Radio-Canada et Québecor ne font-ils pas coïncider leurs intérêts dans la diffusion du contenu local en donnant une force de frappe encore plus percutante à Tou.tv et Illico? Faut-il se faire un Amazon québécois, comme l’entend Alexandre Taillefer?

Le Devoir écrivait, fin août, que « 78 % de la musique, des films et des jeux achetés sur le web par les Québécois proviennent d'une plateforme étrangère. Est-ce que les produits culturels québécois sont disponibles et bien en vue sur ces plateformes? Est-ce que les plateformes actuelles, chez nous, sont assez fortes face aux géants étrangers?

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