Il y a 45 ans, la crise d'Octobre 1970 allait marquer durablement le Québec. Il en reste des souvenirs, des archives écrites et audiovisuelles et d'innombrables ouvrages d'analyse. Quels objets ont été conservés par l'État québécois? 

Un texte de Hugo Lavoie, chroniqueur à Gravel le matin

Christian Denis, conservateur et directeur des collections et des relations avec les musées québécois au Musée de la civilisation, à Québec, nous a ouvert les portes de la réserve nationale.

Sous une bâche de plastique se trouve une immense statue de bronze. « C'est la reine Victoria décapitée », résume M. Denis. La robe est noircie, éventrée. L'oeuvre porte encore les stigmates d'un attentat à la bombe perpétré en 1963 dans le parc Victoria, à Québec, attentat attribué au Front de libération du Québec (FLQ). La tête de bronze est conservée séparément, dans les voûtes du Musée.

L'événement s'est produit en amont de la crise de 1970, mais l'objet a une valeur historique parce que « des symboles comme ça, il n'en existe pas tant que ça », souligne le conservateur. « C'est une pièce extraordinaire. »

Le Musée est également en cours d'acquisition d'une affiche par laquelle les gouvernements québécois et canadien offraient une récompense de 150 000 $ pour retrouver des felquistes.

La pièce la plus étonnante est peut-être le spectrographe à émissions. Cette machine aux lignes art déco, ressemblant vaguement à un petit sous-marin d'environ deux mètres de longueur, servait à identifier les matières explosives.

Elle avait été acquise par le laboratoire de la police provinciale dans les années 1940 et avait été utilisée lors de l'enquête suivant l'écrasement de Sault-au-cochon. Par la suite, le spectrographe a été largement utilisé pour analyser les explosifs utilisés lors des nombreux attentats attribués au FLQ, dans les années 1960, et menant à la crise d'Octobre 1970.

Christian Denis présente deux des trois artéfacts dans cette vidéo :

Trois objets pour évoquer une période aussi importante de l'histoire québécoise, c'est peu, reconnaît Christian Denis.

Il ajoute cependant que « quand on parle d'événements qui ont marqué l'histoire, qui ont été percutants, [l'important] ce n'est pas d'avoir beaucoup d'objets, mais c'est d'avoir quelques objets qui viennent créer une émotion et nous rappeler l'événement. [...] Et il faut dire que tout ça appartient à l'histoire récente. Avec le temps, il est possible qu'on finisse par en trouver quelques autres. »

Écoutez le reportage audio d'Hugo Lavoie :

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