Des partisans du non brandissent des drapeaux du Québec et du Canada dans les rues de Montréal. Photo : La Presse Canadienne

Le 30 octobre 1995 est une date marquante dans l'histoire du Québec. Ce jour-là, 93,52 % des électeurs québécois se sont prononcés dans le cadre du référendum sur l'indépendance du Québec. Qui étaient les principaux représentants de chacune des deux options? Et que sont-ils devenus?

LE CAMP DU OUI

Jacques Parizeau

Jacques Parizeau s'adresse à des gens d'affaires, à Montmagny, le 3 octobre 1995. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Jacques Parizeau est élu premier ministre du Québec le 12 septembre 1994, sur la promesse de tenir un référendum sur l'indépendance dans un délai de 8 à 10 mois. Au terme d'une série de consultations régionales, le Parti québécois, le Bloc québécois et l'Action démocratique du Québec concluent une entente sur un projet de souveraineté assortie d'un partenariat économique avec le Canada. La question sera soumise aux électeurs le 30 octobre.

Après la défaite du oui, Jacques Parizeau démissionne de son poste, mais continue de commenter la situation politique et de faire la promotion de la souveraineté sur diverses tribunes. Lors de la campagne électorale de 2012, il donne son appui au parti de Jean-Martin Aussant, Option nationale.

M. Parizeau meurt le 2 juin 2015, après un long combat contre la maladie.

Lucien Bouchard

Le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard, parle à des partisans, à Saint-Jérôme, le 13 octobre 1995. Photo : La Presse Canadienne/Ryan Remiorz

Au début octobre, alors que la campagne du oui est en perte de vitesse, le chef du Bloc québécois est appelé à la rescousse. Jacques Parizeau le nomme négociateur en chef de l'entente de partenariat avec le Canada. M. Bouchard galvanise les foules, et l'option souverainiste remonte dans les sondages.

Lucien Bouchard a été premier ministre du Québec de 1996 à 2001. Il a ensuite pratiqué le droit au sein d'un cabinet montréalais et a siégé à divers conseils d'administration.

En 2005, il a signé, avec une dizaine d'autres personnalités, le manifeste Pour un Québec lucide. De 2011 à 2013, il a été président de l'Association pétrolière et gazière du Québec.

Mario Dumont

Mario Dumont, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard participent à un rassemblement pour le oui, à Longueuil, le 29 octobre 1995. Photo : La Presse Canadienne/Paul Chiasson

Le jeune chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) rejoint le camp du oui à deux conditions : l'offre de partenariat doit faire partie de la question référendaire et un comité doit être mis sur pied pour surveiller le déroulement des négociations. Dans le camp du oui, M. Dumont est perçu comme celui qui pourrait déterminer l'issue du référendum, puisqu'il incarne l'ambivalence des Québécois sur la question.

Mario Dumont a démissionné de l'ADQ après la déconfiture de son parti en 2008. Il est aujourd'hui animateur et commentateur à la télévision.

LE CAMP DU NON

Jean Charest

Jean Charest, chef du Parti progressiste-conservateur du Canada, et Daniel Johnson, porte-parole officiel de la campagne du non. Photo : La Presse Canadienne/Andrew Lee

En 1995, Jean Charest était le chef du Parti progressiste-conservateur du Canada et le vice-président du Comité national des Québécoises et des Québécois. Surnommé « capitaine Canada » par les médias anglophones, il a été un ardent défenseur de l'unité canadienne, à tel point que plusieurs parlent de l'« effet Charest » pour expliquer la victoire du non.

En 1998, Jean Charest a été élu chef du Parti libéral du Québec, puis est devenu premier ministre du Québec en 2003. Depuis 2013, il est avocat associé chez McCarthy Tétrault, à Montréal.

Daniel Johnson

Le chef du camp du non, Daniel Johnson, s'adresse à des partisans, à Montréal, le 24 octobre 1995. Photo : Reuters/Shaun Best

Chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et porte-parole officiel de la campagne du non, Daniel Johnson est reconnu pour sa compétence en matière d'économie. Pendant la campagne, il met l'accent sur les perturbations économiques que pourrait entraîner une victoire des souverainistes.

Une semaine avant la tenue du référendum, devant la dégringolade des appuis au non, Daniel Johnson est délogé par Jean Chrétien, qui devient le principal porte-parole du camp fédéraliste.

Daniel Johnson démissionne du PLQ en 1998 et intègre le cabinet d'avocats McCarthy Tétrault. Il siège également au conseil d'administration de plusieurs entreprises.

Jean Chrétien

Le premier ministre Jean Chrétien s'adresse à un rassemblement fédéraliste dans sa circonscription de Shawinigan, le 6 octobre 1995. À ses côtés se tiennent le chef du PLQ, Daniel Johnson, et la ministre fédérale Lucienne Robillard. Photo : Reuters/Shaun Best

Chef du Parti libéral du Canada et premier ministre du Canada, il n'en est pas à sa première bataille dans le camp du non : il a vécu le premier référendum de 1980, alors qu'il était le ministre de la Justice de Pierre Elliott Trudeau. Il était d'ailleurs considéré comme le fer de lance du fédéral durant cette campagne.

Après le référendum, le gouvernement Chrétien instaurera le controversé programme des commandites pour accroître la visibilité canadienne au Québec.

Jean Chrétien sera premier ministre jusqu'à l'automne 2003. Il poursuivra ensuite sa carrière comme avocat et homme d'affaires. Lors de la campagne électorale de 2015, on l'a vu aux côtés du chef libéral, Justin Trudeau.

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