Retour

Québec assouplit son décret pour apaiser la grogne des sinistrés des inondations

Deux mois après des crues exceptionnelles, Québec a modifié les critères encadrant la reconstruction de maisons ravagées et l'indemnisation de milliers de victimes des inondations. De l'avis du ministre Martin Coiteux, le décret ainsi corrigé entraînera moins d'iniquités pour les sinistrés.

Le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales dit avoir tenu compte des critiques et des inquiétudes exprimées par les citoyens lors de 17 consultations publiques tenues dans 15 régions, il y a une dizaine de jours.

D'abord, les règles ont été changées pour les citoyens vivant en zones inondables et qui se demandent si leur maison pourra être reconstruite ou pas. Pour ceux-là, le gouvernement considérera désormais le coût de reconstruction à neuf du bâtiment, plutôt que sa valeur foncière au rôle d'évaluation, comme il en avait été question dans la version préliminaire du décret.

Le décret initial prévoyait la démolition des résidences dont le coût de la reconstruction aurait excédé 50 % de la valeur foncière dans les zones de grands courants, dites 0-20 ans, identifiées dans 238 municipalités.

Ensuite, Québec accordera aux municipalités la possibilité de demander une dérogation collective exceptionnelle pour pouvoir reconstruire des résidences principales, à l'intérieur d'un même secteur touché par les inondations. Cette mesure vise à éviter le dépeuplement de quartiers résidentiels. Cependant, ces reconstructions seront soumises à une série de conditions strictes.

Enfin, le gouvernement du Québec a modifié le Programme d'aide financière pour que les coûts liés aux travaux d'immunisation d'une résidence soient admissibles jusqu'à une valeur maximale de 200 000 $. Aussi, en fonction des nouvelles règles, on octroiera une plus grande valeur admissible aux terrains, dans les cas où ceux-ci seront cédés à la municipalité lorsqu'il y a perte totale.

Cela dit, le gouvernement du Québec réaffirme son intention de faire respecter, par les municipalités, la politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables.

La crue du printemps a touché 278 municipalités et a inondé environ 5400 résidences, ce qui a forcé l’évacuation de plus de 4000 personnes. À la lumière des informations détenues à ce jour, environ 600 résidences seront considérées comme étant des pertes totales, a déclaré Martin Coiteux, mercredi.

Inquiétude et espoir du côté des sinistrés

À Rigaud, où les résidents d'environ 150 maisons sont menacés d'expropriation, des sinistrés comme Tina Bseilis disent avoir encore beaucoup de questions sans réponses.

Cette propriétaire affirme que la valeur marchande de sa maison a été considérablement réduite en raison des travaux de démolition qu'on l'a incitée à faire depuis les inondations. Par conséquent, elle se demande à quoi le gouvernement se fiera pour estimer la valeur de reconstruction de sa maison.

En revanche, Jeannine Landry accueille favorablement les assouplissements apportés au décret. « Au contraire d'avant, où beaucoup [de citoyens] étaient expropriés, beaucoup ne le seront plus », croit cette résidente de Rigaud qui a regroupé des sinistrés comme elle afin qu'ils parlent d'une seule voix au gouvernement.

Avec des informations de Pascal Robidas, Mathieu Dion et Alex Boissonneault

Plus d'articles

Commentaires