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Québec démuni dans le dossier des écoles clandestines

L'école clandestine de la communauté juive hassidique visitée par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) hier dans le quartier Parc-Extension, à Montréal, n'est pas une école selon la définition du ministère de l'Éducation, a indiqué le titulaire de ce ministère, Sébastien Proulx.

« Ma compréhension, c'est qu'ils [la DPJ] sont allés dans un établissement où on semble donner une formation religieuse bien plus qu'une formation éducative », a déclaré le ministre Proulx à son entrée au caucus de son parti. « Il n'y a pas eu de demande de permis, il n'y en a pas de demande de permis en cours, il n'y en a pas eu par le passé, ce n'est pas un endroit où il se donnait un programme éducatif, donc ce n'est pas une école au sens du ministère de l'Éducation. »

Le ministre demeure prudent dans son interprétation de la situation. « Mais, il y avait là vraisemblablement des enfants », poursuit-il en précisant que le ministère demeure plutôt démuni face à de telles situations.

« La loi sur l'instruction publique (LIP) donne aux parents la responsabilité de la scolarisation de leurs enfants, rappelle-t-il. Intervenir même sur des lieux c'est difficile. Il faut passer par la DPJ. »

Intervention de la DPJ

Appuyés par des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), des intervenants des centres de la jeunesse et de la famille Batshaw ont procédé mercredi à une opération dans une école clandestine d'une communauté juive hassidique de Montréal.

L'école est située à l'angle des avenues Beaubien et du Parc, dans le quartier Parc-Extension.

Des représentants des centres Batshaw s'étaient rendus à l'école, plus tôt dans la semaine, à la suite d'un signalement. Ils avaient demandé aux dirigeants d'entrer dans l'école afin de s'entretenir avec les enfants, les enseignants et les parents qui s'y trouvaient. L'accès leur a toutefois été refusé par les leaders de la communauté.

Les employés ont ainsi dû revenir avec l'appui des policiers pour intervenir à l'école de cette petite communauté qui compte une soixantaine de familles.

Les Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw offrent des services psychosociaux, de réadaptation et d'intégration sociale aux résidents de l'île de Montréal qui désirent recevoir ces services en anglais. Ils desservent aussi les membres de la communauté juive de Montréal. Ces centres offrent également des services de placement d'enfants, d'adoption, de recherche d'antécédents biologiques et de médiation familiale. Il s'agit en quelque sorte d'un organisme similaire à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Afin de protéger l'identité des enfants, la porte-parole des Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw, Claire Roy, n'a pas voulu commenter l'intervention. Le SPVM, pour sa part, confirme qu'aucune arrestation n'avait eu lieu. « Nous exécutions les mandats que la DPJ avait obtenus », a expliqué l'agent Abdullah Emram.

Un des membres du conseil d'administration de l'école, Hersh Ber Hirseh, a commenté brièvement l'intervention des autorités : « En pleine négociation avec la DPJ, elle a mystérieusement fait intrusion avec la police. Avec nos avocats, nous avons convenu de les laisser faire leur travail au cours des prochaines semaines. Tout ça ne nous plaît pas en raison du traumatisme causé aux enfants. Mais nous allons poursuivre notre collaboration avec la DPJ. »

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