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Québec doit faire plus pour prévenir et traiter la maladie de Lyme

Suite à des consultations qu'elle a tenues ces dernières semaines, la Commission parlementaire de la Santé et des Services sociaux en est venue à la conclusion que Québec doit faire plus pour prévenir et mieux traiter la maladie de Lyme, causée par une bactérie transmise par la piqûre d'une tique porteuse.

Dans un rapport remis aujourd’hui, la commission soutient qu’elle a décelé dans les témoignages qu’elle a entendus « les signes d’un véritable problème de santé publique ».

Si elle n’est pas traitée, la maladie de Lyme peut entraîner des complications sévères et provoquer des lésions neurologiques, cardiaques et articulaires.

La commission souligne tout d’abord « la méconnaissance et la complexité de la maladie, qui rendent son diagnostic et son traitement difficiles ».

D’abord, parce que ses premiers symptômes, une rougeur à l’endroit de la piqûre accompagnée de fièvre, de douleurs musculaires, de maux de tête et de fatigue, ainsi que les manifestations de la maladie au stade avancé, peuvent facilement être confondus avec les signes d'autres maladies.

Ensuite, parce que les tests de dépistage en laboratoire qui existent présentement sont peu efficaces. Selon Ralph Hawkins, responsable du Département de médecine générale au Calgary South Health Campus, les tests laboratoires ne dépisteraient qu'un tiers des cas réels d'infection.

Le rapport s’inquiète également des difficultés à traiter la maladie. L’infection se résorbe grâce à des antibiotiques. Mais lorsque la maladie est détectée trop tardivement, le traitement se révèle souvent inefficace.

Améliorer nos connaissances sur la question

La commission de la Santé et des Services sociaux suggère au gouvernement québécois de parfaire le programme de formation des médecins sur les formes de la maladie de Lyme, son diagnostic et son traitement.

La Commission suggère également à Québec de mettre sur pied d’ici l’été une campagne de sensibilisation publique sur la maladie et sur la façon de la prévenir et de la détecter.

Elle note toutefois que des recherches plus approfondies seront nécessaires pour réellement régler les défis que la maladie pose.

« Plus d’études sont nécessaires pour mieux comprendre les modes de transmission de la bactérie chez l’humain. Le développement des techniques de dépistage de la bactérie nécessite une hausse des investissements. De la même manière, il importe de raffiner les connaissances sur les modalités de traitement des syndromes associés aux piqûres de tiques », écrit la commission.

Le rapport indique qu’un vaccin contre la maladie de Lyme existe pour les animaux. Il espère qu’une telle immunisation puisse être développée pour l’humain.

Une maladie qui gagne du terrain

On peut lire dans le rapport que la population de tiques infectées ne cesse de croître au Québec.

Cela s'explique, selon Vett Lloyd, chercheuse principale du Mount Allison University’s Lyme Research Network qui est citée dans le document, par le fait que la population de tiques augmente en nombre et en variété au pays en raison des oiseaux migrateurs qui y transitent.

Mais le problème est maintenant accentué par la présence d’une autre bactérie, récemment confirmée, qui provoque des symptômes très similaires à ceux de la maladie de Lyme, a noté la chercheuse.

Cette bactérie tend à se reproduire de façon exponentielle car elle se propage d’une mère infectée à ses petits, ce qui n’est pas le cas de celle qui provoque la maladie de Lyme.

La proportion de tiques infectées par la bactérie Borrelia miyamotoi aurait ainsi doublé chaque année depuis deux ans.

Au Québec, les tiques infectées sont surtout répertoriées dans les régions de l'Estrie et de la Montérégie.

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