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Québec donne le feu vert au remplacement du toit du stade olympique de Montréal

Le Conseil des ministres a opté pour la solution d'un nouveau toit souple pour le stade olympique de Montréal, à un coût évalué entre 200 et 250 millions de dollars, lors d'une réunion tenue le 25 octobre dernier, un signe que le dossier du remplacement du toit actuel progresse au gouvernement du Québec.

Le gouvernement de Philippe Couillard privilégie « une toiture textile, fixe et souple » et souhaite qu'il soit démontable en des circonstances précises. Le toit pourrait ainsi être ouvert en vertu de manœuvres relativement longues, pour répondre aux exigences de certains événements internationaux qui demandent un stade à ciel ouvert.

Il reste à élaborer un dossier d'affaires initial qui déterminera les coûts et la faisabilité d'une telle toile rétractable.

« Nous saluons cette décision du gouvernement, a réagi le président-directeur général du Parc olympique, Michel Labrecque, dans un communiqué. Il s'agit d'une décision mûrement réfléchie et responsable, démontrant la confiance des élus envers le travail entamé par la RIO depuis 2011. »

Questionné sur le soutien de son gouvernement au projet, le premier ministre Couillard a expliqué qu'il faut investir dans un nouveau toit si on veut que le stade soit utile et fonctionnel.

« Est-ce qu’on voudrait qu’on abandonne le stade olympique, qu’on le laisse aller à la ruine? Je ne pense pas que grand monde qui nous écoute serait heureux de ça », a commenté le premier ministre Couillard, jeudi, lors d'un passage en Estrie. « On va continuer à en faire un élément d’attraction pour Montréal. Desjardins vient de s’installer dans le mât du stade et ça va être la même chose pour utiliser le stade lui-même au cours des prochaines années, mais il n’y a pas d’utilisation possible si on ne répare pas le toit, ça, c’est incontournable », a-t-il ajouté.

« On a besoin d’une toiture souple, fixe, ça, c’est fondamental, ça couvre 95 à 99 % de nos besoins. Les événements qui ont besoin d’un stade ouvert, il y en a très très peu dans le monde. Conséquemment, on veut quand même étudier la possibilité qu’il soit démontable occasionnellement et pas rapidement », a développé Michel Labrecque sur les ondes d'ICI RDI, vendredi.

Le PDG du Parc olympique a encore précisé que le cahier des charges comporterait comme critères, notamment, une toiture légère, en textile tendu, et chauffée. Ce sera aux consortiums qui soumettront leur proposition de choisir les matériaux. Toutefois, M. Labrecque précise que la fibre de verre enduite de téflon représente le matériau privilégié partout dans le monde pour ce genre de structure.

Le gouvernement devait attendre la fin des élections municipales pour faire cette annonce. Il estime que l’activité supplémentaire dans le stade, générée par ce nouveau toit, permettra d’en justifier le coût.

En mai dernier, on apprenait que près de 7500 déchirures avaient dû être réparées dans le toit du stade depuis 2007.

Par ailleurs, le gouvernement renonce à confier à un sous-traitant la gestion du stade olympique. La Régie des installations olympiques (RIO) en restera donc le maître d’œuvre.

« Les prochains mois permettront de préciser certaines études techniques, de préparer le devis de performance et l'appel de qualification auprès des firmes ou des consortiums les plus à même, au niveau national et international, de réaliser cette toiture textile, fixe et souple », peut-on lire dans le communiqué du gouvernement du Québec.

Une décision bien accueillie

La mairesse élue de Montréal, Valérie Plante, estime qu’il s’agit d’une « excellente » nouvelle.

Interrogée sur les événements qui pourraient être organisés au stade olympique, Valérie Plante a parlé de la Coupe du monde de soccer de 2026, en rappelant que la Ville a présenté une demande pour accueillir l’événement. « On peut aussi penser aux Jeux du Commonwealth », a-t-elle ajouté au micro d'Annie Desrochers.

Est-ce que cela mettra un frein au projet de construction d’un nouveau stade pour le baseball? « Je pense qu’il va falloir prendre cette nouvelle information, la mettre dans l’équation, à savoir est-ce qu’on peut faire venir une nouvelle équipe de baseball, tout en utilisant l’installation actuelle avec un nouveau toit. Il va falloir y penser », a-t-elle précisé.

Le spécialiste en marketing sportif, Jean Gosselin, est aussi favorable au remplacement du toit actuel.

« Le problème est que le stade ne pouvait pas servir six mois par année, à cause des contraintes liées à la météo », a-t-il précisé en entrevue à l’émission 24|60.

Lieu emblématique de Montréal, parfois mal aimé en raison de son coût total qui a excédé 1 milliard de dollars, le stade demeure le symbole des premiers Jeux olympiques à s'être déroulés en sol canadien, en 1976.

Une quinzaine d'événements s'y tiennent chaque année et M. Labrecque assure qu'avec un nouveau toit, ce nombre augmenterait jusqu'à 20 à 25 par an. Quant aux retombées financières directes et indirectes, elles s'élèvent à quelque 65 millions par an et pourraient se situer dans une fourchette de 75 à 85 millions, avance M. Labrecque.

Avec les informations de Sébastien Bovet et Davide Gentile

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