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Québec excédé par les moyens de pression « quasi permanents » de ses ingénieurs

Le gouvernement Couillard s'impatiente et presse les ingénieurs de l'État de reprendre les négociations dans les plus brefs délais. L'inspection pressante d'une quarantaine de structures sur des artères majeures du réseau routier de la province pousse Québec à exiger un retour à la table et la fin du conflit de travail qui dure depuis près de trois ans.

« Le statu quo n’est pas une option, d’autant plus que la grève actuelle des ingénieurs empêche l’inspection de nuit de près d’une quarantaine de structures », a indiqué le nouveau président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand, lors d’un point de presse, vendredi matin, en compagnie du nouveau ministre des Transports, André Fortin.

Depuis le rejet de la dernière offre patronale, l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) exerce des moyens de pression. Les ingénieurs refusent de faire des heures supplémentaires.

Selon le ministre André Fortin, ces moyens de pression ont des « impacts bien réels sur le progrès de plusieurs projets importants ».

Le ministère des Transports entreprend en ce moment une « opération d’inspection générale » de ponts, ponceaux, viaducs, échangeurs et bretelles d’accès pour s’assurer qu’ils soient sécuritaires.

Or, 39 inspections, normalement faites durant la nuit, n’ont pas encore été réalisées en raison des moyens de pression des ingénieurs.

On en compte 19 dans la région de Montréal, 15 dans la région de Chaudière-Appalaches et 5 dans la région de Québec.

Avec l’arrivée imminente de l’hiver, ces inspections doivent être effectuées avant le 30 novembre pour la région de Québec, et avant le 15 décembre pour Montréal, indique le ministre Fortin.

Le Conseil du Trésor a d’ailleurs présenté jeudi soir une demande au Tribunal administratif du travail pour qu’il reconnaisse que les inspections de nuit constituent un service essentiel.

Le ministre Fortin met la population en garde : si le gouvernement ne parvient pas à s’entendre avec ses ingénieurs et voit sa demande au tribunal rejetée, il devra procéder à ces inspections de jour, pendant la semaine, ce qui aura « des impacts énormes sur les déplacements de la population ».

Le gouvernement du Québec et ses ingénieurs ont été jusqu'ici incapables de conclure un nouveau contrat de travail.

Les négociations entre les deux parties sont rompues depuis le 12 juillet dernier.

Le ministre Arcand invite l’APIGQ à revenir la table des négociations « d’ici lundi matin » afin de dénouer l’impasse.

Une « main tendue », selon l’APIGQ

Le syndicat qui regroupe 1400 ingénieurs chargés de superviser les travaux sur des centaines de chantiers routiers dans la province voit d’un bon œil le « changement de leadership ».

« On a bon espoir d’arriver à une entente, surtout avec l’arrivée de MM. Fortin et Arcand, soutient le président de l’APIGQ, Marc-André Martin, dans une entrevue à RDI. On voit ça comme une main tendue en ce moment de la part de M. Arcand. »

L’APIGQ, qui vise un rattrapage salarial de 20 % sur sept ans, a longtemps reproché au gouvernement de demander un retour à la table de négociations sans toutefois offrir de nouvelles offres.

« Ça fait des années qu’on dit qu’il y a un manque de ressources, manque d’expertise au ministère des Transports, explique M. Martin. Et puis là, on est en train d’en vivre une conséquence directe. Il nous demande de travailler jour et nuit pour essayer de rattraper le retard dans les inspections. »

Parlant d’inspections, M. Martin dit avoir eu une rencontre hier à ce sujet avec le sous-ministre aux Transports. Il mentionne que les pourparlers sont toujours en cours.

« Tout ce qu’on a demandé, c’est un petit délai [d’une semaine] pour bien analyser l’ensemble des structures, l’ensemble des demandes qu’ils nous font », affirme-t-il.

M. Martin soutient que les demandes du gouvernement arrivent tard pour des projets qui sont planifiés depuis un an.

« On ne peut pas arriver avec une urgence d’agir et nous donner des délais de 24 heures pour analyser des demandes sur des inspections de nuit. On va prendre le temps de bien faire les choses [...] et on va revenir avec une réponse en bonne et due forme au courant de la semaine prochaine. »

Quant à un retour à la table de négociations, M. Martin attend un appel pour organiser une réunion « assez rapidement ».

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