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Québec injectera 1 million sur deux ans dans le Centre de prévention de la radicalisation

Même s'il est opérationnel depuis des mois, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence a été inauguré officiellement, dimanche. Une inauguration qui coïncide avec une annonce d'un financement de 1 million de dollars sur deux ans du gouvernement du Québec. Le Centre vient aussi de lancer un site web.

Un texte de Michel Marsolais

Depuis les attentats de Paris, les signalements de comportements suspects sont plus nombreux, admet le directeur du centre, Herman Deparice-Okomba.

Depuis sa création en mars dernier, le centre a reçu près de 500 appels et huit cas ont été transmis directement à la police. Le Centre ne veut pas donner de détails précis sur ces dossiers

Dans 93 cas, le centre est intervenu auprès de jeunes en danger de radicalisation en impliquant la famille et parfois une figure religieuse, comme un imam.

« Les échos tragiques qui nous proviennent de Beyrouth, de Paris et maintenant de Bamako, on parle maintenant aussi du Cameroun depuis une semaine, illustrent plus que jamais la nécessité d'une telle initiative », a déclaré en conférence de presse le maire de Montréal, Denis Coderre.

En vertu d'une entente avec Montréal, Québec investira 1 million de dollars au cours des deux prochaines années dans l'organisme. Présent pour cette signature, le ministre de la Sécurité publique par intérim, Pierre Moreau, a estimé que le centre jouait un rôle important dans la détection de la radicalisation. « Avec le site Internet qui est dévoilé aujourd'hui (info-radical.org), avec la ligne sans frais, on a un accès direct à la plus haute expertise dans ce domaine », a estimé le ministre.

Depuis les attentats de Paris et la présence du maire Coderre à l'émission Tout le monde en parle, dimanche dernier, le téléphone du Centre de prévention de la radicalisation ne dérougit pas. Ce ne sont plus que des parents ou des professeurs inquiets qui appellent pour signaler des comportements suspects, mais aussi des employeurs.

« Ce sont des chefs d'entreprises qui appellent parfois pour signaler une préoccupation par rapport à leur employé qui s'est converti à une idéologie, qui ne vient plus travailler, qui a changé. Donc ils appellent pour être rassurés », explique Herman Deparice-Okomba

Les jeunes hommes possiblement séduits par l'idéologie djihadiste ne sont pas les seuls en cause même s'ils représentent la majorité des cas de signalement.

On s'inquiète ainsi du phénomène inverse, soit les jeunes qui seraient tentés de gagner la Syrie pour combattre le groupe armé État islamique aux côtés des forces kurdes.

« Dans les huit cas qu'on a dû transférer au service de police pour une analyse approfondie, c'est parce qu'on avait des inquiétudes pour la sécurité de la personne ou pour la communauté. Un exemple, un parent qui nous appelle pour nous dire qu'il a peur que leur fils parte se battre avec les Kurdes contre l'État islamique. Les parents ont peur », raconte M. Deparice-Okomba.

Il y a aussi plusieurs cas de radicalisation d'extrême droite.

Pour l'instant, il est difficile de dire si les cas de radicalisation sont vraiment à la hausse ou si c'est simplement la peur du phénomène qui génère plus de signalements.

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