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Québec investira 100 millions pour améliorer l’accès à Internet en région

Le monde municipal accueille avec enthousiasme le programme Brancher Québec pour améliorer le service Internet, mais plusieurs souhaitent maintenant de l'aide pour la téléphonie cellulaire.

Un texte de Nicolas Vigneault

Des données gouvernementales obtenues par Radio-Canada montrent qu'au Québec, 340 000 ménages n'ont pas accès à un service Internet adéquat.

Afin d'améliorer la situation, la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, lancera officiellement l'appel de projets du programme Brancher Québec, doté d'une enveloppe budgétaire de 100 millions de dollars, lors d'une conférence de presse en Estrie. À partir de maintenant, les entreprises, municipalités et MRC auront trois mois pour déposer leur projet au gouvernement.

À Rivière-à-Pierre, dans Portneuf, comme dans beaucoup de municipalités du Québec, ces investissements sont attendus avec impatience.

On a fait l'acquisition de système de vidéoconférence, mais on n’est pas capable de l'utiliser en ce moment en raison du faible débit de bande passante qu'on a ici, à Rivière-à-Pierre.

Le directeur des opérations de l'usine Bordures Polycor

L'entreprise, qui possède 14 usines et 30 carrières en Amérique du Nord, doit se satisfaire d'une capacité Internet de 3 ou 4 Mb/s lorsque les 12 employés utilisent leur système informatique en même temps. « On peut attendre des diagrammes approuvés par les architectes pour la production des morceaux en granit et on n’est pas capable de démarrer la production en attente de ces informations-là. Ça peut prendre des heures », ajoute M. Bergeron.

La Municipalité de Saint-Agapit, dans Lotbinière, attend impatiemment l'aide du gouvernement pour améliorer le service Internet sur son territoire, notamment en s'assurant d'être desservie par de la fibre optique. « Ça fait toute la différence. C'est comme avoir un tuyau de quatre pouces […] comparativement à huit pouces pour une entrée d'eau », illustre la mairesse de Saint-Agapit, Sylvie Fortin-Graham.

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) faisait d'ailleurs pression sur Québec pour brancher le milieu rural sur le Web afin de faire entrer le monde agricole dans l'ère moderne. « Lorsque le robot essaie d'envoyer le signal et que le propriétaire n’est pas capable de le recevoir parce que la qualité du service Internet haute vitesse n’est pas là, je pense que c'est un enjeu qui est plus que majeur. On ne peut pas penser être compétitif », affirme le président de la FQM, Richard Lehoux.

Téléphonie cellulaire

Alors que les cabines téléphoniques ont disparu dans pratiquement toutes les municipalités du Québec, Rivière-à-Pierre a toujours la sienne. Le maire de la municipalité, Jean Mainguy, trouve désolant que sa population ne puisse avoir accès au service de téléphonie cellulaire.

Mon copain me disait que sa fille l'a appelé dans le désert sur le dos d'un chameau au cellulaire. Nous autres à Rivière-à-Pierre, faut que tu sois chanceux, monter sur la plus haute montagne, grimper dans l'arbre le plus élevé, pour être capable d'essayer de pogner du service.

Jean Mainguy, maire de Rivière-à-Pierre

La situation de Rivière-à-Pierre est d'ailleurs loin d'être unique. La Municipalité de Saint-Édouard, dans Lotbinière, vit exactement la même situation. « Comment voulez-vous qu'on attire les jeunes familles, alors que le cellulaire n'est même pas disponible en plein coeur du village? » se demande la mairesse, Denise Poulin.

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