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Québec investira 44 millions sur 5 ans pour moderniser l'industrie du taxi

Québec investira 44 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour aider l'industrie du taxi à se moderniser. Le ministre des Transports (MTQ), André Fortin, a également annoncé que le gouvernement allait dédommager les chauffeurs propriétaires pour la perte de valeur de leur permis.

Provenant en grande partie des redevances versées par Uber dans le cadre du projet-pilote, le programme de soutien à la modernisation servira à l’électrification de l’industrie et au développement de technologies de communication avec les clients.

L’objectif du gouvernement est de doter l’industrie du taxi « des plus récentes et modernes applications technologiques avec une aide financière pour l’acquisition, l’implantation, le développement, l’amélioration des applications mobiles pour améliorer les services de transport de taxi », a expliqué le ministre Fortin.

« Nous rendrons disponible une aide financière pour l’acquisition de véhicules taxis entièrement électriques et une aide financière pour l’acquisition et l’installation de bornes de recharges dédiées à votre industrie », a poursuivi M. Fortin.

Sans préciser comment les sommes seraient réparties, le ministre a précisé qu'elles seraient équitablement réparties entre les diverses régions de la province.

Le ministre a également ajouté que les programmes en place seront bonifiés pour améliorer l’accessibilité du taxi aux personnes à mobilité réduite.

De la valeur des permis

Le ministre Fortin a par ailleurs annoncé la mise sur pied d’un groupe de travail pour « identifier des solutions liées à la diminution réelle de la valeur des permis de taxi » et déterminer le niveau de compensation que le gouvernement verserait à leurs détenteurs.

Coordonné par le ministère des Finances, le groupe de travail sera ainsi composé du comité provincial pour la concertation et le développement de l’industrie du taxi, du regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, du regroupement des travailleurs autonomes (Métallos), des propriétaires de taxi de Montréal, de FinTaxi, du MTQ et de la commission des transports.

« Le mandat de ce comité sera de déterminer l’impact de la présence des services de mobilité partagée sur la valeur des permis de taxi », a déclaré le ministre Fortin. Il précise que le groupe de travail devra étudier le niveau de perte de valeurs d’une région à l’autre dans la province.

Le groupe de travail devra déposer un rapport avant la fin février, soit avant le dépôt du prochain budget.

« Le gouvernement pose un geste important aujourd'hui en reconnaissant l'impact négatif des décisions prises dans le passé sur les compagnies », a souligné le porte-parole du Partenariat pour la modernisation du Taxi au Québec Marc-André Cloutier.

« Nous sommes très heureux que le ministre des Transports prenne action sérieusement afin que nous puissions évaluer la perte correctement et négocier, nous l'espérons, un règlement complet des procédures entreprises et des futures politiques publiques en matière de transport de personnes au Québec », a-t-il poursuivi.

Mais si les représentants de l’industrie du taxi saluent un pas dans la bonne direction du gouvernement, les chauffeurs sont moins enthousiastes. Ils déplorent la mise sur pied d’un comité pour déterminer la valeur de leurs pertes.

« J’ai acheté mon permis à 184 000 $, maintenant ça vaut 85 000 $ à 90 000 $, faites la différence, c’est ce que j’ai perdu », confie le président de l’Association haïtienne des chauffeurs de taxi, Carlo Hector.

« On n’a pas besoin des actuaires, des comptables, des fiscalistes, des ci et des ça [pour faire ] la différence entre 184 000 $ et maintenant 90 000 $ », a-t-il souligné.

L’avenir d’Uber

Le ministre Fortin a rappelé qu’Uber était régi par un projet-pilote qui en est à sa deuxième année.

« Uber doit s’assurer de répondre aux exigences du gouvernement, que ce soit au niveau des habilitations sécuritaires, des permis de taxi, des permis de conduire de classe spéciale, des assurances ou de la formation, a rappelé M. Fortin. On s’attend au Québec comme consommateur à ce que l’industrie du taxi réponde aux critères que le gouvernement met de l’avant. On s’attend à ce que l’ensemble des joueurs répondent aux critères. »

« Uber n’a pas ces permis-là en ce moment, mais on reste dans le cadre du projet-pilote. Il n’y a pas de permis de taxi associé à Uber en ce moment », a poursuivi le ministre des Transports.

Le gouvernement a comptabilisé les redevances versées par Uber pour les cinq prochaines années dans le calcul de son financement du programme de soutien à l’industrie du taxi. Un calcul qui semble indiquer qu’Uber est au Québec pour de bon.

Le ministre a toutefois refusé de se prononcer sur l’avenir. « C’est pas ici aujourd’hui qu’on va faire une quelconque annonce sur le futur d’une industrie ou une autre », a conclu le ministre Fortin.

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