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Québec investit dans Ouranos pour mieux s'adapter aux changements climatiques

Le consortium de recherche Ouranos pourra multiplier ses travaux permettant aux décideurs politiques de mieux s'adapter aux changements climatiques rendus inévitables par le réchauffement de la planète grâce à une aide financière de 12,7 millions de dollars sur trois ans versée par le gouvernement du Québec.

En conférence de presse, lundi matin, le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque, s’est réjoui que ce financement, provenant des ministères de l’Économie (7,65 millions de dollars), de l’Environnement (4,56 millions de dollars) et de la Sécurité publique (0,5 million de dollars), soit pluriannuel pour une première fois.

Cela permettra au centre de recherche de « poursuivre [ses] avancées scientifiques en mode collaboratif, dans le but de favoriser la transformation de nos façons de faire, de façon à apprendre à vivre avec cette dérive confirmée des statistiques climatiques ».

Depuis 15 ans, a souligné M. Bourque, les travaux d’Ouranos ont permis de mieux évaluer les conséquences et les risques que représente le réchauffement planétaire pour le Québec, qu’il s’agisse de se prononcer sur les problèmes d'érosion côtière, sur le niveau d’eau des réservoirs d’Hydro-Québec ou sur le développement de villages nordiques installés sur du pergélisol.

La science dit clairement que la réduction des gaz à effet de serre doit demeurer vigoureuse, mais qu’elle permettra de ne réduire qu’en partie les impacts des changements climatiques, qui sont déjà bien amorcés.

Alain Bourque

Les nouvelles sommes qui aboutiront dans les coffres d’Ouranos doivent permettre par exemple de concevoir un projet pour cartographier les risques de feux de forêt dans le Moyen-Nord du Québec et d’identifier des moyens d’adaptation qui se présenteront à ceux et à celles qui prendront des décisions.

Selon M. Bourque, cela pourra « réduire les impacts et les risques sur les communautés, les lignes d’électricité qui alimentent le sud du Québec et les marchés extérieurs en énergie, les aéroports, les routes, les parcs de conservation, et sur l’activité économique de la région du plan Nord, afin d’éviter qu’un Fort McMurray, par exemple, ne se produise au Québec ».

Ouranos continuera aussi de collaborer à un « atlas climatique » conçu par le gouvernement du Québec, au profit des universitaires, mais aussi des organismes gérant des bassins versants, afin de mieux documenter l’avenir des ressources en eau au Québec. Ouranos s’intéressera particulièrement aux coups d’eau et aux sécheresses dont la fréquence s’accroîtra en raison des changements climatiques.

Le centre entend également utiliser ces fonds pour mesurer l’efficacité de différentes mesures d’adaptation qui ont déjà été mises en place, notamment pour contrer la propagation de la maladie de Lyme et la prolifération de l’herbe à poux, deux phénomènes susceptibles d’être amplifiés par les changements climatiques.

Selon Alain Bourque, l’aide financière de Québec permettra également à Ouranos de poursuivre l’intégration des sciences socioéconomique dans ses travaux, notamment en introduisant davantage d’analyses coûts-bénéfices dans les solutions d’adaptation préconisées. Ces analyses sont « très porteuses pour la prise de décisions, pour faire des choix judicieux à long terme », a-t-il dit.

Le directeur général du centre de recherche a également évoqué des travaux en collaboration avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et HEC Montréal pour créer des « réseaux électriques plus résilients » et des initiatives avec d’autres partenaires financiers afin que les questions d’adaptation au climat soient abordées dans une « perspective plus intégrée ».

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