Retour

Québec investit plus de 20 millions afin de désengorger les hôpitaux du grand Montréal

Québec revient à la charge et ajoute 23,25 millions de dollars à une précédente enveloppe de 100 millions afin de désengorger les hôpitaux de la province et de mettre la main sur 350 places d'hébergement supplémentaires.

« On a pris possession – acheté, loué ou contractualisé – tout ce qui existait sur le marché avec les 100 millions, et on attendait d’avoir des places supplémentaires, ce qui est maintenant le cas », a déclaré le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en point de presse vendredi.

Avec ce premier investissement de 100 millions, annoncé en décembre 2016, le ministère de la Santé a mis la main sur 2125 places dans les différentes régions du Québec.

On qualifie ces places d’hébergement de ressources intermédiaires puisqu’en majorité, elles ne se trouvent pas dans le réseau de la santé. Ce sont par exemple des lits loués par Québec dans une résidence de personnes âgées ou encore des ressources de type familial.

« Je peux vous dire qu’en Estrie, qu’à Trois-Rivières, qu’à Québec, que dans Chaudière-Appalaches, il n’y a plus de places disponibles pour l’instant », a expliqué le ministre vendredi.

C’est pourquoi le nouvel investissement de 23 millions sera utilisé pour mettre la main sur des places dans l’île de Montréal, à Laval, en Montérégie, dans les Laurentides et dans Lanaudière.

Le réseau, assure M. Barrette, est déjà en train de faire les démarches pour prendre possession de ces places d’hébergement.

Ces montants de 23,25 millions et de 100 millions sont tous deux des investissements annuels.

Des mesures mal ciblées ou insuffisantes, selon l'opposition

En entrevue à Radio-Canada.ca, le porte-parole du Parti québécois en matière de services sociaux, Dave Turcotte, a rappelé que le ministre Barrette lui-même a coupé 400 places en CHSLD et 500 000 heures en soins à domicile.

Ajouter des places en ressources intermédiaires n’est pas la seule solution, estime l'opposition officielle, surtout que celles-ci souffrent d’une pénurie de préposés.

Le PQ propose plutôt de faire appel aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) et aux pharmaciens pour résoudre une grande partie des problèmes en CHSLD, qui concernent souvent la médication. Cela pourrait régler 80 % des cas, a affirmé Dave Turcotte, en plus d'offrir de nouvelles occasions professionnelles aux IPS.

« Si on réglait les problèmes en amont, on réglerait bien des problèmes », a résumé le député péquiste, soulignant que cela permettrait de diminuer le nombre de personnes vulnérables aux urgences.

Pour la Coalition avenir Québec, les mesures annoncées sont insuffisantes pour régler les débordements dans les urgences.

« Le taux d’occupation des urgences est de 127 % au Québec, mais atteint 264 % à Sorel, a déclaré Lise Lavallée, porte-parole du parti en matière de santé publique. Le ministre doit ouvrir des cliniques de grippe pour désengorger les urgences, convertir des postes d’infirmières à temps partiel en postes à temps plein et travailler à améliorer l’accès aux groupes de médecine familiale dont les heures d’ouverture sont souvent trop limitées. »

Les hôpitaux appelés à fonctionner à plein régime

En marge de l’annonce de cet investissement, le ministre a aussi fait le point sur la situation actuelle dans les hôpitaux du Québec.

« Nos urgences débordent présentement et elles vont continuer à déborder pour encore au moins quelques jours, a-t-il dit. La situation se résorbe de façon progressive. »

M. Barrette a rappelé que, bien que la situation soit déjà précaire dans les urgences, le pic grippal n’est prévu que dans trois semaines, et qu’il durera, comme chaque année, de quatre à six semaines.

Québec veut donc s’assurer que les hôpitaux fonctionneront à plein régime durant les prochaines vacances scolaires, soit au cours de la dernière semaine de février et de la première de mars.

« Il y a toujours une réduction des activités dans certaines périodes de l’année : le temps des Fêtes, les vacances scolaires et les vacances estivales », a expliqué le ministre.

Il a indiqué avoir demandé au réseau de la santé et aux administrations des différents hôpitaux de fonctionner au maximum de leur capacité dès maintenant, et ce, jusqu’au 23 juin.

« Nous ne demandons pas aux employés d’annuler leurs vacances ou aux administrations d’ouvrir les valves du temps supplémentaire, a dit M. Barrette. Nous demandons simplement à ce que, dans la mesure du possible, tout roule à pleine capacité d’ici au 23 juin. Ça devrait alléger grandement le fardeau sur nos urgences. »

Plus d'articles

Commentaires