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Québec investit pour développer des véhicules électriques québécois

EXCLUSIF - Le gouvernement du Québec franchit une autre étape dans son programme d'électrification des transports. Radio-Canada a appris qu'un projet visant à développer des autobus et des camions électriques entièrement québécois sera rendu public par la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, et le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel.

Un texte de Nicolas Vigneault

À la suite d'un appel de projets, Québec a retenu un consortium de cinq entreprises qui aura pour mandat de mettre au point des prototypes de véhicules pouvant servir au transport de personnes et de marchandises. Le projet, qui s'échelonnera sur une période de trois ans, nécessitera des investissements totalisant 17 millions de dollars, dont la moitié, soit 8,6 millions, proviendront du gouvernement.

L'objectif est de concevoir deux types d'autobus. L'un qui pourrait être utilisé par les sociétés de transport en commun et l'autre qui permettrait essentiellement le déplacement des personnes handicapées. Pour ce qui est des camions, le premier prototype vise notamment l'industrie du déménagement alors que le deuxième sera destiné au marché du semi-remorque.

L'entreprise Autobus Lion fait notamment partie du consortium et s'est fait remarquer lors de la dernière mission du premier ministre à New York, au cours de laquelle un des autobus produits par l'entreprise a été présenté aux autorités américaines. À l'issue d'un discours devant l'Economic Club, le premier ministre avait d'ailleurs vanté les mérites des autobus scolaires fabriqués par l'entreprise québécoise.

« Une commission scolaire qui achète un autobus comme celui-là épargne 10 000 $ de frais d'entretien par année. Et le moteur est fabriqué par une filiale d'Hydro-Québec. Alors vous avez devant vous le talent d'entrepreneur, le talent québécois que l'on veut montrer partout dans le monde », avait déclaré Philippe Couillard.

Les autres entreprises sont TM4 de Boucherville, spécialisée dans la production de moteurs électriques, AddÉnergie de Québec - où se fera l'annonce-, qui produit des bornes de recharge électrique, Solution Adetel de Saint-Laurent et finalement Alcoa. Le consortium prévoit créer 26 emplois pour concevoir les véhicules, près de 500 emplois directs et indirects au cours des cinq premières années de commercialisation et 1000 emplois au cours des dix premières années de mise en marché des produits.

Dans son plan d'électrification des transports entre 2015 et 2020, Québec avait prévu une somme de 20 millions de dollars pour ce type de projets. Avec l'investissement gouvernemental de 8,6 millions, cela signifie qu'il reste encore 11,4 millions dans le fonds pour d'autres projets visant la production de véhicules électriques lourds.

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