Retour

Québec n'aide pas Rigaud à s'occuper des sinistrés, plaide le maire

Le maire de Rigaud veut recenser tous les sinistrés de sa municipalité afin de leur offrir de l'hébergement, à quatre mois de l'hiver. Hans Gruenwald fils se plaint du même souffle du manque de coopération et d'efficacité de Québec.

Aux représentants des médias réunis mercredi à Rigaud, le maire Gruenwald a dit manquer cruellement d'informations pour venir en aide aux résidents frappés par les inondations du printemps dernier.

Et il est inquiet. « Où sont-ils rendus? », questionne Hans Gruenwald fils à propos des gens qui ont dû déserter leur résidence. Le maire de Rigaud demande à tous les sinistrés de se manifester sans délai auprès de la municipalité, afin de pouvoir évaluer leurs besoins en hébergement cet hiver.

Hans Gruenwald fils critique aussi le ministère de Martin Coiteux : « Mon propre ministère de la Sécurité publique ne me donne pas l'information dont j'ai besoin pour aider ces gens-là », a-t-il expliqué.

Aux dires du maire de Rigaud, le ministère de la Sécurité publique invoque la confidentialité des informations pour ne pas les lui divulguer.

« C'est inacceptable d'être rendus à ce stade-là » - Hans Gruenwald fils

De par leur étendue, les inondations de 2017 ont été sans précédent au Québec. Environ quatre mois après cette crue, le maire Gruenwald soutient que seuls 15 dossiers sont en traitement à Rigaud, sur un total de 239 domiciles inondés. Pas plus de cinq permis de démolition de résidence ont été émis jusqu'ici.

« Les délais, il faut arrêter ça, s'impatiente Hans Gruenwald fils. On ne peut rester dans le statu quo. »

Le maire de Rigaud affirme ne pas avoir encore discuté avec le ministre Coiteux à ce sujet. Mais il n’écarte pas l'idée de le faire, ou même de solliciter une rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard.

Hans Gruenwald fils dit par ailleurs avoir une bonne communication avec un haut fonctionnaire du ministère de la Sécurité publique, de même qu’avec la ministre responsable de la Montérégie, Lucie Charlebois. Mais ses échanges avec eux ne portent pas leurs fruits, dit-il : « Je ne sais plus quoi dire aux citoyens, parce que je manque d'informations », déplore-t-il.

En point de presse mercredi, le ministre Martin Coiteux a répondu aux critiques formulées par le maire de Rigaud.

« C’est normal qu’un maire se préoccupe de la situation de ses citoyens, a tempéré M. Coiteux. Maintenant, on doit travailler en partenaires. »

Selon le ministre, les autorités font tout en leur pouvoir pour fournir le plus rapidement possible la documentation nécessaire aux sinistrés pour qu'ils obtiennent un permis de construction afin d'effectuer les rénovations nécessaires avant l'arrivée de l'hiver.

M. Coiteux a également rappelé la tenue d'une analyse rétrospective « à la fin de l'automne » pour discuter, entre autres sujets, des améliorations qui peuvent être apportées quant à la prise en charge des sinistrés par le gouvernement.

Des citoyens insatisfaits

Le ministre affirme que près de 3000 dossiers ont été traités et que des rapports d'inspection ont ainsi été fournis aux sinistrés.

Or, selon les municipalités de Rigaud et de Saint-André-d'Argenteuil, une minorité de dossiers auraient été transmis conformément, rendant difficile l'octroi de permis de démolition ou de rénovation.

Selon des comités de citoyens à Rigaud, les rapports d'inspection fournis par le gouvernement seraient d'ailleurs truffés d'erreurs ou incomplets.

« Je n'ai toujours pas reçu mon rapport de dommages, raconte pour sa part une résidente de Rigaud, Tina Celis. Ça, c'est depuis le mois de mai. »

La sinistrée affirme même que le ministère de la Sécurité publique a nié qu'un inspecteur était passé à sa résidence inondée, lors d'une conversation téléphonique, et que c'est en leur répétant que c'était bien le cas que les fonctionnaires ont finalement réalisé leur erreur.

Passer l'hiver à l'hôtel...

Le maire de Rigaud, une ville de 7600 habitants, souhaite passer à l'action en installant cet hiver des sinistrés dans un mini-parc de maisons mobiles, par exemple. Il soutient que Québec loge actuellement des gens à l'hôtel. Mais selon Hans Gruenwald fils, cette solution ne peut être que temporaire, car ainsi sortis de leur maison, les sinistrés sont fragiles, anxieux, au bout du rouleau, stressés et émotifs.

« On n'a pas eu de victimes et nous n'en voulons pas », a-t-il précisé, faisant allusion au fait qu'il pourrait arriver malheur à certaines personnes vulnérables.

Hans Gruenwald fils rapporte aussi les préoccupations de certains sinistrés qui doutent du professionnalisme des inspecteurs qui ont examiné l'état de leur maison. Il cite en exemple des erreurs quant à l'adresse inscrite sur les formulaires de réclamation.

Mais en tout et pour tout, « le plus important est que les gens nous contactent afin que nous puissions agir », répète le maire de Rigaud à l'intention des sinistrés.

Du Texas à Rigaud, en passant par Saint-Jean-sur-Richelieu

Dans toute cette épreuve, Hans Gruenwald fils dit avoir une pensée pour les sinistrés du Texas qui viennent de subir les foudres de l'ouragan Harvey.

« Ils n'ont aucune idée de ce qui les attend après », s'alarme-t-il, évoquant sa propre visite au printemps à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, une région durement frappée par les intempéries en 2011.

Les responsables municipaux de Saint-Jean-sur-Richelieu avaient alors expliqué au maire de Rigaud que le plus « facile » consistait à vivre la période des inondations comme telle. Ce qui suit est autrement plus difficile, avaient-ils dit en substance.

Avec les informations de Louis De Belleval

Plus d'articles

Commentaires