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Québec relance le projet du carré Saint-Laurent

C'est une verrue au visage d'une artère autrefois mythique de Montréal : le projet de 160 millions de dollars pour la revitalisation du boulevard Saint-Laurent, entre Sainte-Catherine et René-Lévesque, végète depuis des années. Mais Québec annoncera bientôt qu'il le relance, a appris Radio-Canada.

Un texte de Davide Gentile

En juin 2014, le gouvernement libéral avait invoqué le coût trop élevé de sa participation pour justifier son retrait du projet. Avant lui, le Parti québécois s'était engagé à y louer des locaux durant 25 ans. Robert Poëti, ministre responsable de la métropole, affirmait alors que « déménager des gens avec une augmentation de 45 % du loyer n'est pas une décision économique ».

La nouvelle mouture du projet prévoit le déménagement des bureaux du ministère de l'Immigration, du 360 rue McGill vers le nouvel édifice du carré Saint-Laurent. Il s'agit au total d'environ 700 personnes. Selon nos informations, la Ville de Montréal s'impliquerait aussi comme locataire avec un projet à caractère culturel.

Québec pense pouvoir récupérer 25 millions

L'entente péquiste de 2013 prévoyait des coûts supplémentaires de 50 millions sur 25 ans. Une somme jugée trop élevée par le nouveau gouvernement Couillard, préoccupé par le déficit appréhendé.

Avec la nouvelle entente, Québec pense pouvoir récupérer environ 25 millions de dollars, soit la moitié du coût additionnel lié au déménagement.

Si, après 25 ans, il s'avère que Québec a payé plus que la moyenne pour les locaux semblables dans le quartier, la moitié de la somme payée en surplus par le gouvernement pourra être appliquée au rachat de l'immeuble. Si, au contraire, on détermine que le gouvernement a payé moins que la moyenne du marché, celui-ci n'aurait pas à rembourser la différence.

Autre avantage : Québec pourrait décider de vendre l'immeuble du 360, rue McGill, où loge actuellement le ministère de l'Immigration. Selon nos informations l'immeuble ne serait plus aux normes et nécessiterait des travaux de rénovation importants « d'ici quelques années ». En déménageant ses employés sur la Main, Québec éviterait ainsi un coûteux processus de déplacement de ses employés pendant les rénovations.

Les autres acteurs concernés

Des sources gouvernementales évoquent un avantage marqué par rapport à l'autre projet qui prévoyait le déplacement de fonctionnaires qui travaillent au Centre de commerce mondial. Le départ de centaines de salariés de plusieurs ministères aurait créé un gros vide dans cet édifice qui appartient à Ivanhoé Cambridge, une filiale de la Caisse de dépôt et placement.

Finalement, la relance du projet par Québec devrait calmer le promoteur, la Société de développement Angus. En juin 2014, le PDG de la société était clairement contrarié. « On n'a pas signé un contrat avec le Parti québécois, disait Christian Yacarni. On s'attend à ce que le gouvernement respecte ses contrats. »

Le Fonds d'action CSN prévoyait investir des dizaines de millions dans le projet. De plus, la Société de développement Angus aurait déboursé 600 000 $ en permis municipaux quelques jours avant que Québec ne retire ses billes. Le retour du gouvernement dans ce projet devrait donc écarter tout risque de poursuite.

Un nouveau souffle pour le quartier?

Dinu Bumbaru, d'Héritage Montréal, estime que le gouvernement pose un bon geste. L'arrivée de 700 fonctionnaires contribuera à dynamiser le quartier. Mais, selon lui, il faut installer des commerces au rez-de-chaussée. « Ce genre de chose va accompagner le projet et c'est ce qui va en faire un succès. » L'édifice pourrait être prêt dès 2018.

Une revitalisation toujours reportée

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