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Québec souhaite offrir 10 jours de congé payé aux parents

Nouveautés pour les familles du Québec, les parents de jeunes enfants pourront se constituer une banque de 10 jours de congé payé à utiliser à leur guise. Ils auront aussi l'option d'étaler leur congé parental sur deux ans.

Ce sont les deux mesures phares qui ont été présentées jeudi dans la cadre du dépôt du projet de loi modifiant le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, dans le but de faciliter la conciliation travail-famille.

L’objectif du gouvernement est d’offrir plus de temps et de flexibilité aux parents du Québec, surtout dans les premières années suivant la naissance du bébé.

Les parents auront trois ans pour écouler leur banque et les 10 jours seront offerts au père ou à la mère, qui n’aura pas à obtenir l’autorisation de son employeur pour s’absenter. Cependant, ces journées seront prises à même les semaines de congé parental déjà établies.

Selon M. Blais, 20 % des parents du Québec ne prennent pas l’ensemble de leur congé parental. Il croit donc que cette nouvelle banque de congé pourra leur être utile pour conserver ces journées de congé parental et leur offrir plus de flexibilité.

Le nombre total de semaines de congé autorisé pour un congé parental n’augmentera cependant pas ni le pourcentage du salaire versé. Le maximum est donc toujours de 55 semaines, mais sera utilisable sur deux ans au besoin.

Le RQAP prévoit 18 semaines pour la mère, à 70 % de son salaire, et cinq semaines pour le père, aussi à 70 % de son salaire.

Les deux conjoints disposent ensuite de sept semaines à 70 % du salaire et de 25 semaines à 55 %, qu'ils peuvent se partager comme ils l'entendent.

Cependant, le gouvernement a aussi décidé de modifier le nombre de semaines de congé parental pour les parents adoptants et pour les grossesses multiples.

Pour les parents adoptants, le projet de loi intègre un congé exclusif pour chaque parent de cinq semaines en plus des 32 semaines partageables, tandis que pour les femmes ayant des grossesses multiples, le congé de maternité passera de 18 à 23 semaines.

Critiques chez les employeurs

En réaction aux nouvelles mesures modifiant le régime d’assurance parentale, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) ont fait connaître leur mécontentement.

Le ton est particulièrement virulent du côté de la FCEI.

« Après la brique envoyée aux PME via les décisions du gouvernement de bonifier les normes du travail, le salaire minimum et le régime des rentes du Québec, voici qu’arrive le fanal avec les modifications annoncées aujourd’hui au RQAP », lance Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI.

La Fédération réclame d’ailleurs du gouvernement que le financement de la RQAP se fasse à « 50-50 ».

Pour le ministre, le régime actuel est en équilibre et va bien, les employeurs versant 60 %. Il ne souhaite pas faire augmenter les cotisations.

Ce matin, le chef de l’opposition, Jean-François Lisée, a aussi commenté le projet de loi en conférence de presse.

Bien qu’il soit d’accord avec le fait de donner du temps aux parents, il abonde dans le sens de la CPQ et de la FCEI. M. Lisée espère que le budget de la semaine prochaine inclura des mesures pour diminuer également le fardeau fiscal des PME touchées par cette mesure.

« Nous on veut donner du temps aux parents, c’est certain. On va attendre les détails. Nous travaillons nous-mêmes sur une proposition assez ambitieuse. On veut à la fois que les parents aient plus de temps, mais on veut aussi ne pas alourdir le fardeau des PME. On craint que ce ne soit pas le cas », a-t-il expliqué.

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