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Québec veut moins de pétrole et plus d'énergie renouvelable d'ici 2030

D'ici 15 ans, le Québec veut réduire de 40 % sa consommation de pétrole et augmenter la part des énergies renouvelables à 61 % de toute l'énergie consommée. Il s'agit de deux des cinq cibles de la nouvelle politique énergétique de la province, présentée jeudi par le gouvernement Couillard.

Un organisme sera créé pour gérer ce que le gouvernement qualifie de « transition énergétique ». Ce guichet unique sera doté d'un budget de 4 milliards de dollars sur 15 ans. Il va gérer les services et programmes de subventions offerts aux particuliers, aux entreprises et aux institutions. Le gouvernement n'a pas pu dire quelle proportion de ce 4 milliards était de l'argent frais.

Aujourd'hui, un peu moins de la moitié de l'énergie consommée au Québec - en incluant le transport - est renouvelable. Québec veut que cette proportion représente 61 % - environ les deux tiers - de toute l'énergie consommée au Québec, d'ici 2030. Selon le premier ministre Philippe Couillard, le Québec fait déjà beaucoup mieux qu'une majorité d'États grâce à l'hydroélectricité.

Moins de dépendance au pétrole

Pour réduire sa dépendance au pétrole, le gouvernement veut s'attaquer au secteur des transports. « C'est dans le secteur des transports que les gains doivent se faire de façon maximale par l'électrification individuelle et collective, mais également par la transformation des combustibles vers le gaz naturel liquéfié ou d'autres formes de carburant non pétrolier. C'est ça qui va nous permettre d'atteindre ces cibles », estime Philippe Couillard.

Il explique vouloir miser notamment sur le gaz naturel liquéfié, moins polluant que le pétrole ou le diesel, comme carburant de transition.

« Nous sommes conscients que la fin de l'ère des énergies fossiles n'est pas nécessairement pour demain », estime le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, qui a participé à la présentation de la nouvelle politique à Montréal.

Québec va notamment mettre en place un projet de stations multicarburants pour les automobilistes, qui pourront se ravitailler en électricité, en hydrogène, en gaz naturel, en biocarburant, en essence et en propane. Ces stations, qui viendront s'ajouter aux 700 bornes électriques de la province, seront implantées progressivement.

Parmi ses autres cibles, Québec veut :

  • Améliorer de 15 % l'efficacité avec laquelle l'énergie est utilisée;
  • Éliminer l'utilisation du charbon thermique;
  • Augmenter de 50 % la production de bioénergie.

Pour les entreprises, la politique prévoit des rabais sur l'électricité en échange de gains en efficacité énergétique. « Nous accorderons un rabais d'électricité pour une durée de quatre ans. Un incitatif qui vise une quinzaine de secteurs d'activités, mais notamment la première transformation des métaux », a expliqué la ministre de l'Économie, Dominique Anglade.

Satisfaction

Plusieurs acteurs du monde de l'économie et de l'environnement ont accueilli avec une certaine satisfaction la nouvelle politique énergétique.

Pour le directeur d'Équiterre, Steven Guilbeault, l'objectif du gouvernement de réduire la consommation de pétrole de 40 % est « tout à fait faisable ». D'après lui, le gouvernement aurait même pu aller jusqu'à 60 %. De manière globale, il estime que la nouvelle politique est bonne, même s'il croit que Québec aurait pu être plus ambitieux quant à ses objectifs d'amélioration de l'efficacité énergétique.

En entrevue à La Presse Canadienne, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante s'est dite intéressée par le fait que les petites entreprises pourront avoir accès au futur guichet unique qui chapeautera les différents programmes d'aide financière.

Pas plus cher pour les consommateurs

Questionné sur un potentiel impact financer pour les contribuables, le premier ministre Couillard a assuré que les consommateurs n'auront pas à payer plus cher pour leur énergie. « On va faire en sorte de limiter l'augmentation des tarifs d'électricité annuels au niveau de l'inflation, dit-il. Québec va aussi encourager les citoyens à devenir leur propre producteur d'énergie et à remettre de l'énergie dans le réseau, par exemple en installant des panneaux sur le toit. »

« On n'est pas sans connaître l'attention portée relativement à l'impact des projets éoliens sur les tarifs d'électricité, a-t-il ajouté. Hydro-Québec a fait en sorte de déconnecter le développement éolien des tarifs électriques résidentiels et, ça aussi, c'est important pour les consommateurs. »

Pour le moment, le Québec n'a pas besoin d'augmenter sa capacité énergétique. La province produit déjà plus de 3 % d'énergie en trop, par rapport à la consommation. « Il faudra que ça baisse pour qu'on entrevoie de nouveaux projets », a confirmé le premier ministre Couillard, en marge de la présentation de la nouvelle politique.

Il souligne que cela ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de projets éoliens. « Dans le nord de la province, il y a un potentiel de les libérer du diesel », dit-il.

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