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Quel Donald Trump prononcera le discours sur l’état de l’Union ce soir?

Donald Trump va tenter de démontrer aux Américains, ce soir, qu'il a tenu ses promesses et qu'il a une vision cohérente pour l'avenir des États-Unis. Ce sera son premier vrai discours sur l'état de l'Union devant les deux chambres réunies au Congrès à Washington.

Verra-t-on le Donald Trump indiscipliné qu’on lit souvent sur Twitter ou celui plus structuré et organisé qui collera à son texte au télésouffleur?

Est-ce qu’il sautera sur l’occasion pour s’attaquer encore aux médias, ou s’en prendra-t-il au procureur spécial Robert Mueller qui est à ses trousses?

Quoi qu’il arrive, cette grande tradition politique est l’occasion pour le président des États-Unis de faire le bilan de son administration et de démontrer que le pays est sur la bonne voie.

L’an dernier, l’allocution du nouveau chef de la Maison-Blanche, en février, est vite tombée dans l’oubli, noyée par les scandales liés à la présumée collusion entre l’entourage du président et la Russie.

Promesses non tenues

Donald Trump a beaucoup promis aux Américains :

  • ériger un mur à la frontière avec le Mexique;
  • ramener des centaines d’industries aux pays;
  • réinvestir dans l’armée;
  • rebâtir les infrastructures;
  • lutter contre l’épidémie d’opiacés.

Le mur n’est pas construit, et encore moins financé. L’avenir de cette promesse phare du président Trump semble lié à une entente avec les démocrates sur l’avenir des immigrants illégaux.

Dans le secteur du charbon, les dizaines de milliers d’emplois perdus n'ont pas été retrouvés. En 2017, 500 emplois seulement ont été créés dans cette industrie en déclin.

L’armée américaine fonctionne encore avec les mêmes fonds que sous l’administration Obama.

Rien encore non plus pour les infrastructures. Selon Trump, ponts, routes et aéroports sont en décrépitude aux États-Unis. Une promesse facile à tenir. Les démocrates sont en faveur.

Aucun fonds additionnel non plus pour régler le grave problème de la dépendance aux opioïdes. Au moins 60 000 morts en 2017. Le président a pourtant déclaré qu’il s’agissait d’une crise nationale de santé publique.

Le milliardaire a également promis de faire le ménage à Washington et de redonner le pouvoir aux Américains. Force est de constater que les activités de lobbying, en hausse depuis 7 ans, ne se sont jamais aussi bien portées dans la capitale américaine. Les lobbyistes y ont consacré plus de 3 milliards en 2017.

Promesses tenues

La grande réalisation du président Trump, jusqu’à maintenant, est l’adoption d’une réforme de la fiscalité. Le taux d’imposition des entreprises a été réduit de 35 % à 21 %.

Des mégaentreprises comme Apple, Walmart et Starbucks ont commencé à distribuer des bonus à leurs employés.

L’administration Trump et les républicains auront aussi tenté de tuer par tous les moyens l’assurance maladie Obamacare qui semble en fin de vie, blessée par tous ces assauts.

Il aura enfin tenu sa promesse de déréglementer le secteur financier ainsi que d’abolir plusieurs mesures en matière de protection de l’environnement.

L’économie fait bonne figure

C’est le bilan économique et financier de l’administration Trump qui demeure le plus remarquable. La croissance est à la hausse. Les marchés boursiers fracassent des records. Le taux de chômage ne cesse de diminuer.

Quelle est la part de succès attribuée au président? C'est toujours difficile à établir. La bonne santé économique d’un pays repose sur plusieurs facteurs, dont certains ne sont pas contrôlés par la Maison-Blanche.

On doit donc s’attendre à ce que Donald Trump souligne à grands traits l’excellente performance économique des États-Unis. Son discours sera aussi l’occasion d’annoncer qu’il souhaite trouver une solution pour les « Dreamers », ces jeunes immigrants illégaux menacés d’expulsion, et qu’un réinvestissement dans les infrastructures ne peut plus attendre.

La Corée du Nord, le terrorisme international et le libre-échange seront aussi au menu de cette allocution qui sera vue par des dizaines de millions d’Américains.

Le président Trump a encore 3 ans devant lui pour prouver qu’il peut encore améliorer l’état de l’Union américaine.

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