L'ouragan a ravagé plusieurs îles des Caraïbes, ne laissant que destruction sur son sillage. Saint-Martin, Barbuda, Turks et Caicos, mais aussi Cuba, ont subi des inondations meurtrières. L'île communiste, très prisée des vacanciers canadiens, s'en remettra-t-elle à temps pour la haute saison?

Un texte de Ximena Sampson

Irma a traversé Cuba presque d’un bout à l’autre, arrachant des toits et des palmiers, détruisant les bâtiments, inondant les avenues et tuant au moins 10 personnes. La Havane et plusieurs autres régions ont été durement touchées. La reconstruction sera ardue pour les Cubains. Certains d'entre eux pourraient voir leur gagne-pain compromis, puisque plusieurs pôles touristiques ont été dévastés.

Les informations sont encore fragmentaires, mais on sait déjà que les cayes du nord de l’île ont été ravagées. Cayo Coco et Cayo Santa Maria ont subi le gros de la tempête, et les efforts de reconstruction risquent d’être considérables.

L’aéroport de Jardines del Rey, qui dessert Cayo Coco et Cayo Guillermo, ressemble à une zone de guerre. Les hôtels sont en piteux état.

La route qui conduit vers les cayes a, elle aussi, subi d’importants dommages. Un général cubain mandaté pour évaluer les dégâts causés par Irma a déclaré à l’organe de presse officiel Granma que sa reconstruction était une priorité.

Du côté de Varadero et de la région de Holguin, deux stations de villégiature, il semblerait que les dommages soient limités. Même si les toits de certains bâtiments se sont envolés, les infrastructures n’auraient pas trop souffert.

Les touristes vont-ils délaisser Cuba?

Le tourisme est la première industrie de l’île, avec plus de 3,5 milliards de dollars de recettes en 2016.

Plus de 330 000 emplois en dépendent de façon directe ou indirecte. Plus de 4 millions de touristes ont visité l'île en 2016.

Des gens qui ont déjà acheté des forfaits se précipitent sur les réseaux sociaux à la recherche d’information sur l'état des hôtels qu'ils s'apprêtent à visiter. Mais, à plus long terme, que devraient faire les touristes qui sont encore à la recherche d’une destination soleil cet hiver?

Mieux vaut oublier Cayo Coco et Cayo Santa Maria, pense Marie-Pier Guilmette, de Voyage Vasco La Chaudière, à Gatineau. « On peut mettre une croix là-dessus », affirme-t-elle, en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau.

Pour sa part, Paul Arseneault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat à l'École des sciences de la gestion (ESG) à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), est plutôt d'avis que les hôtels cubains pourraient de nouveau accueillir des clients dès la mi-décembre.

« Le gouvernement cubain et ses partenaires d’affaires espagnols ne resteront pas les bras croisés, avance-t-il. Ils vont faire le maximum. »

C’est aussi ce que promettent les autorités cubaines. Le ministre du Tourisme, Manuel Marrero, a affirmé que Cayo Coco et Cayo Santa Maria, bien qu’ils aient subi des dommages, seront prêts à accueillir des touristes pour la prochaine saison, selon ce que rapporte le journal Granma.

Les destinations soleil reçoivent environ quatre millions de touristes canadiens annuellement, selon les données de la Chaire de tourisme Transat  pour 2015 :

  • 1,8 million au Mexique;
  • 1,3 million à Cuba;
  • 800 000 en République dominicaine.

Ceux qui décideront de délaisser Cuba se tourneront donc tout naturellement vers les deux autres options.

« Le produit de villégiature dans le Sud, ça demeure un produit interchangeable, soutient Paul Arsenault. D’un resort à l’autre, pour un nombre d’étoiles donné, pour un prix X, on va retrouver exactement la même chose à Cuba, au Mexique ou en République dominicaine. »

Selon lui, la majorité des vacanciers attendent à la dernière minute pour acheter des forfaits de vacances. Ils vont donc se décider en fonction de l’offre disponible à ce moment-là. « Dans deux mois, les gens auront complètement oublié tout ça », pense-t-il.

Du côté des agences de voyages, le son de cloche est un peu différent. « Dans les autres destinations [hors Cuba], la disponibilité va partir rapidement », croit Marie-Pier Guilmette, « et les prix vont augmenter. »

À moyen terme, par contre, elle est d’accord pour dire que tout devrait revenir à la normale. « Lors de la relâche scolaire, [Irma] sera un vieux souvenir. »

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