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Quelques bons coups, mais un héritage en péril pour Obama

Des spécialistes de la politique américaine attribuent une note plutôt positive au bilan politique d'Obama, même si certaines promesses n'ont pas été tenues. Ils se disent toutefois incertains quant à la tournure de son héritage.

Le président sortant Barack Obama prononcera son discours d’adieu le 10 janvier et les experts de la scène politique américaine au Québec comme ailleurs commencent à évaluer sa performance.

Parmi ces réussites, certains pointent l’accord mondial de Paris sur le climat, l’attaque qui a tué Oussama Ben Laden, l’accord nucléaire avec l’Iran, le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba et le succès mitigé de l’Obamacare que Donald Trump cherche à démanteler à tout prix.

Il y a des gens qui ont accès maintenant à des soins, alors qu’ils ne pouvaient pas auparavant, notamment des gens qui ont des antécédents médicaux. En même temps évidemment, ce n’est pas un système parfait.

Karine Prémont, professeure à l'école de politique appliquée, Université de Sherbrooke

Cependant, plus que ses réalisations, c’est l’enseignement de Barack Obama qui a marqué les observateurs.

Il y a [eu] un vent de changement, à un certain niveau, de mentalité […] Il a été l'un des rares présidents qui a fait l’éducation de sa population. D’ailleurs, on l’a dit, c’est avant tout un bon prêcheur et un bon pédagogue.

Donald Cuccioletta, chercheur de la chaire Raoul-Dandurand

Promesses non tenues

Le 44e président des États-Unis a, d’un autre côté, connu quelques défaites et brisé certaines promesses.

Barack Obama avait entre autres assuré aux Américains que la prison de Guantanamo serait fermée, mais il n’a jamais réussi à faire passer cette mesure au Congrès. De plus, les actions du prix Nobel de la paix n’ont pas apaisé les tensions raciales dans son pays et son offensive contre les armes à feu n’a accouché que de mesures limitées.

Avec l’arrivée de Donald Trump, dont la vision est à l’antipode de son prédécesseur, les spécialistes sont d’avis qu’il est probable que Barack Obama ne voit pas son héritage traverser les époques.

Je ne pense pas qu’il va rester grand-chose!

Donald Cuccioletta, chercheur de la chaire Raoul-Dandurand

« Certains observateurs disent en ce moment que M. Trump veut utiliser la scie mécanique pour détruire l’héritage Obama », renchérit Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand, directeur de l'Observatoire sur les États-Unis et professeur au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal

Du point de vue économique, l’homme d’affaires qui lui succède aura un défi de taille. La dette publique américaine s’élève à environ 14 000 milliards de dollars, soit une augmentation de 121 %, depuis la prise de pouvoir de M. Obama, en 2008, alors que les États-Unis vivaient l’une des pires récessions de l’histoire du pays.

Les inégalités socio-économiques se sont élargies.

Barry Eidlin, professeur adjoint en sociologie à l'Université McGill

Le président désigné arrivera-t-il à « rendre l’Amérique grande à nouveau », comme il l’a promis, après que Barack Obama eut, lui, déclaré en 2008 aux Américains : « Oui, nous le pouvons »?

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